Motocultor: DAY II

Samedi 15 Août 2015

Un petit dafalgan et c’est reparti! On part faire les courses à Vannes, on rate pleins de groupes mais OSEF, on ne va pas faire un festival sans avoir de cacahuètes.

 

Koon-o-kvltor

Koon-o-kvltor

 

Crisix

Razort : On commence la journée avec du Thrash qui tape en plein soleil (tout comme le Martini que j’ai entamé sur le parking en compagnie du Dude arcachonnais). Un petit côté Vektor surtout dans le chant et une fâcheuse envie d’aller foutre la merde dans la fosse, mais on m’a parlé d’un autre groupe tout aussi alléchant jouant au même moment à quelques pas derrière…

Abysse

Razort : …c’est comme ça que je me retrouve devant Abysse, un groupe de Post-core instrumental français qu’on m’a vendu à peine 15 minutes avant le début de leur concert. Lourdeur et mélodies aériennes au programme, rappelant Year of No Light, mais qui aurait copulé avec Amenra. Je commence à être un peu touché et m’en vais faire une pause cassoulet au camping, toujours en plein soleil. Rien ne m’intéresse réellement cette après-midi avant le passage de Tankard.

Angelus Apatrida :

Emet : Long et un peu linéaire mais joué avec conviction. Dans la famille, je leur aurais préféré Havok l’an passé

Mais, qu’il est moche ce clip!

One Last Shot :

Emet : Sérieusement l’orga, vous nous infligez ça en « choix unique », alors que plus tard on devra choisir entre Bömbers et Der Weg Einer Freiheit

Tankard :

Emet : Je ne vous apprendrais rien sur ce groupe; sur scène ça dézingue tout et on est bien content de les avoir avant Sodom.

Razort : De retour sur le site du festival, avec beaucoup trop de vin dans le sang et le soleil n’arrange rien, un type que je ne connais pas me passe de la crème solaire dans le dos, en me disant que c’est important de protéger ses tatouages (je l’en remercie). Je passe le concert de Tankard. Assis à regarder de loin, je ne me souviens qu’à peine des sonorités. Comme dirait The Dude arcachonnais : “Ca n’a d’intérêt que si le chanteur frappe son micro sur son bierbüch.” Et c’est plutôt vrai, car cette fois-ci il a gardé son t-shirt.

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On va tenir notre quota d’images crades, c’est promis.

Sodom :

Emet : C’est la guerre à Saint Nolff; ultime formation du Teutonic 4 qui manquait à mon tableau de chasse. La bande à l’Onkle Tom pilonne sans répit. On assiste à un show hallucinant suivant un pilote automatique positif. Chose suffisamment rare pour qu’on la mentionne, et même, les bonhommes savent ce qu’ils font depuis le temps. Surfin Bird de bon aloi, pit en fusion, j’en porte encore tes griffures. Dommage que le son fut si plat, un manque cruel de définition.

Camille : Bien triste d’être en service à ce moment là, je les entend tout de même au loin. Les petits bénévoles bougent la tête en confectionnant des croques-monsieurs. Ça avait l’air d’être sympathique.

Razort : Oh je me souviens du Fall of Summer… On s’était fait Sodom sur la plage, et putain que c’était bon [ #JeuDeMotsDuMois]. Un son grésillant de rouleau compresseur allemand, impitoyable, et qui passait tellement bien avec de l’hypocras ! Avec les épices en moins et un manque cruel de balances efficaces, ils m’auront moins convaincu, surtout la file d’attente du stand bouffe. Mais je dois avouer que la reprise des Thrashmen m’a fait mourir de rire.

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Onkel Tom, le daron.

 

Der Weg Einer Freiheit

Razort : Dans un souci de logique géographique, je finis mon sandwich merguez-oignons devant Sodom pour être aux premières loges du groupe au-nom-beaucoup-trop-long qui passe juste après sur la petite scène. Des frissons au Hellfest deux mois plus tôt, un vrai vent de fraîcheur qui avait envahit The Temple… Malheureusement cette après-midi j’ai trop bu et j’ai pris des coups de soleil. Je passe encore le concert par terre à me laisser porter par leurs mélodies avant d’aller m’éclater un peu devant un autre groupe géant qui aurait mérité de passer sur la scène principale en solo…

Bömbers :

Emet : D’abord, je réitère mon coup de gueule. Bömbers et Der Weg Einer Freiheit sont deux groupes pouvant être appréciés par des amateurs de BM, je trouve vraiment dommage de les avoir programmés en même temps. Certes, je ne connais pas le dessous des cartes, les tenants et les aboutissants d’une telle programmation, mais moi, ça me trve le kvl.
Alors, Bömbers, c’est Tête-de-moteur joué par un groupe de Metöl leadé par une diva indéniablement douée et dotée d’un certain second degré. Pas le temps de s’ennuyer quand on est fan de la bande-à-Lemmy. On sent qu’Abbath et ses petits poteaux s’éclatent malgré les quelques blèmes techniques. On opine du chef, on reprend en chœur, on écrase les andouilles venues en tongs dans le pit.

 

Not "A Bath".

Not « A Bath ».

Godet : Bömbers sera mon premier concert du Samedi, après avoir passé une bonne partie de la journée à errer dans le fest sous l’influence sévère du Merlot. Je suis content de voir enfin le bel Abbath en live, mais devoir choisir entre deux groupes me laisse une amertume persistante sur la langue. Malgré les quelques soucis évoqués, le groupe fait danser l’assemblée: Abbath s’éclate avec des poses toujours plus clichés, mais on adhère. La setlist se termine par Ace Of Spades et on quitte la Massey Ferguscene le sourire au lèvre.

Camille : Fin de service, je retrouve sans peine Emet et Godet, tous deux bien au milieu de la foule, les Dr Martens qui me brûlent les pieds mais bon, c’est ça l’esprit Motoc’… S’infliger la souffrance corporelle pour le plaisir des oreilles ! J’arrive pour la fin du concert, heureuse de voir la foule éprise des grands hits de Motörhead et des petites blagues scéniques d’Abbath… Ça fait plaisir à voir.

Razort : Je ne verrai jamais ce groupe clean décidément… Tiens, ironie du sort, j’arrive pour Stay Clean, et l’enchaînement fatal Overkill et Ace of Spades qui m’oblige à aller me jeter dans un pogo débile, avant de réaliser que j’avais gardé mes Havaianas aux pieds. Ça fait mal, mais c’est pas grave. Une fin de concert beaucoup trop courte, mais un bon défouloir.

Carcass :

Emet : Si Théo leur a voué son âme, ça ne peut pas être génial.

Je déconne, j’adore celle-là.

Razort : J’ai vu un bout de Carcass au loin. (Notez ma blague.) C’était bien, mais j’étais en manque de vin.

Ultra Vomit :

Emet : Les mecs sont propres, leurs blagues font mouche. En même temps, jouer le même concert depuis 5 ans, ça aide, même si ça aussi, ça fait partie de la blague. Digeste comme un St Honoré un soir d’été, mais calé. Aussi adéquat sur l’affiche que l’était Little Big.

Godet : C’est propre, très carré pour un groupe humoristique et forcément marrant.

Il me fallait une illustration, et je me suis dit que celle-là valait bien un concert d'Ultra Vomit.

Il me fallait une illustration, et je me suis dit que celle-là valait bien un concert d’Ultra Vomit.

Camille : Contrairement aux garçons, j’ai été lassée. Je ne sais pas si c’est le fait de les avoir déjà vu quelques fois ou le fait d’avoir grandi entre le collège et maintenant, mais j’ai trouvé ça un peu lourdingue. Ça reste propre, toujours, mais je n’ai pas réussi à rester devant tout du long, j’ai préféré aller me placer pour My Sleeping Karma.

Razort : “- C’est par ici The Ocean ? – Heu, non là c’est Ultra Vomit qui comm… – Ah non c’est d’la merde, j’me casse ! (hips)” Désolé mais je sature un peu des groupes pipi-caca qui en 6 ans sont pas foutus de sortir au minimum deux albums et font toujours les mêmes shows (même intro, mêmes blagues, mêmes reprises…)

The Ocean

Razort : Un des groupes qui valait vraiment le déplacement à mon sens. Le son au Resurrection Fest l’an dernier était moyen, et je n’avais pas épluché leur discographie entière. Je retrouve la douce et jolie Marie-Gaëlle pendant sa pause de bénévole et nous nous laissons bercer par un show magnifique, des mélodies prenantes et aériennes. Ca m’émeut. Mais je me dis que tout à l’heure ça sera pire pour le dernier concert sur cette même scène.

Death To All :

Emet : Honte à moi, je n’ai écouté que d’une oreille distraite, occupé que j’étais à me ressourcer avant le final explosif de la journée.

Nous n’avions pas de belles photos de DTA, donc on a tapé dans un autre registre.

Godet : Pas ma came, mais très bien fait et d’une violence à toute épreuve.

Razort : On déambulait avec Emet, discutant de tout et de rien, de cul et de vin, s’échangeant quelques gorgées çà et là avant d’aller rejoindre nos fosses respectives, lui devant Brujeria (qui m’avait bien fait loler de loin au Hellfest) et moi devant My Sleeping Karma (qui m’avait bien fait planer au Hellfest également)…

Brujeria :

Emet : INRATABLE! ANTI-CASTRO! BROUM BROUM BROUM! MAL AUX GENCIVES! DIVISION DEL NORTE! (OSEF des hippies stationnés plus loin)

My Sleeping Karma :

Godet : Après avoir vu le groupe 3 mois auparavant au Crumble Fest 2015, j’avais hâte de les revoir. Les compères, toujours le sourire aux lèvres, jouent leurs set magistralement. Les festivaliers rentrent en transe et sont conquis, et ceux qui comme moi on eu l’occasion de les voir quelques fois en live s’accorde à dire que ce show fût leur meilleur. Je quitte le concert sur le dernier morceau pour aller prendre une bonne place pour God Seed.

Camille : Transcendant. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus, c’était simplement… Transcendant. Un peu dommage qu’entre les morceaux on ai droit à du gros Brujeria cassant un peu le mood du concert [NdEmet: Bien fait pour vous, hippies!], mais avec un peu de concentration, ça passait nickel.

My Sleeping Karma

My Sleeping Karma

 

Razort : Je me souviendrai toujours de ma découverte de ces allemands (le 5ème de la soirée, rien que ça) au Hellfest 2013. Je passais devant la Valley juste après un live plutôt cool de Krisiun sous l’Altar. Le passage de la brutalité à la beauté en un rien de temps. Nous étions devant une guerre, nous arrivons en territoire pacifiste, des mélodies célestes influencées  par le bouddhisme, pas de chant, juste de la musique, de la grosse basse, un voyage qui nous a littéralement arrêté avec mon compère Greuhk. Nous nous sommes dirigé plus près de la scène, nous sommes assis, avons écouté durant trois quarts d’heure, et à la fin nous en sommes sortis apaisés… “C’était quoi ce groupe ? My Sleeping Karma ? OK, je retiens pour plus tard.” Le plus tard nous y voilà : un show encore plus dément, des lumières magnifiques (contrairement à leur prestation de jour de la fois d’avant) et avec un écran géant diffusant des images psychédéliques et intrigantes… Un grand moment d’émotion, de joie partagée avec tous les gens présents, une envie de leur faire un gros câlin à tous [NdEmet: HIPPIES!] . Je voulais m’évader différemment, mais c’était loin d’être nécessaire, nous sommes sortis de là la tête dans les étoiles. Direction le camping pour aller se reposer avant que God Seed ne viennent perturber la paix intérieure dans laquelle je me suis retrouvé tout le long de ce concert un chouillat trop court.

God Seed :

Emet : de ces groupes au propos desquels je me suis demandé pendant un certain temps si ils sont géniaux ou complètement surfaits. God Seed, dont il paraîtrait que la prestation du Motocultor fut la dernière, m’a toujours laissé dubitatif et fasciné à la fois. Les formations vassales de King Ov Hell m’ont laissé l’impression d’êtres limitées du point de vue de la composition. De l’autre coté, le chanteur, entité à part ici-bas, m’impressionne par ses capacités vocales et son jeu de scène minimal et concentré.
Soyons clairs, leur concert au Motocultor était dantesque. Les morceaux ont gagné une intensité assez inconcevable largement desservie par le son calibré au poil près. Et, encore une fois le beau Gaahl nous a prouvé qu’il a un talent et une expressivité vocale inégalable, enchaînant chants suraiguës, growls caverneux et parties parlées qui ont du résonner jusque chez le patron. Une pure grosse baffe rattrapant un concert déjà impressionnant mais en demi-teinte au HF 2013. Maintenant à nous de spéculer sur l’avenir musical (ou avenir tout court) de Gaahl, maintenant qu’il aurait plaqué God Seed et Wardruna. Et, si quelqu’un a fait un bootleg, qu’il me contacte rapidement.

Ouais, cette image est toute pourrite, mais ça faisait longtemps que je voulais la caser.

Ouais, cette image est toute pourrite, mais ça faisait longtemps que je voulais la caser.

Godet : Alors que je m’avance dans la foule, la tête dans une nuage de zénitude, Gaahl foule la scène. Le regard froid, le corps droit et puissant, ses cris percent le Motocultor de part en part. Le public est possédé. Le Patron est là, c’est indéniable. Un froid norvégien s’empare du cœur des hommes présents. Le concert se termine sur un morceau dantesque [This from the Past?] au possible. La nuit est noire, les visages tristes suite à l’annonce de la fin des concerts pour God Seed et l’incompréhension règne dans le festival. Beaucoup rentre l’air hagard, et j’en fais parti. Oui, le concert m’a marqué comme aucun concert ne m’avais marqué auparavant [NdEmet: Bon petit, maintenant retirez votre capuche et baiser ma chevalière]. Je croise Abbath sur le chemin du camping (qui me gratifie d’un clin d’œil, une bière à la main) où je m’accapare le cubi: j’attaque ma nuit éveillée, la plus longue du festival. Nous suivrons le flot rouge pour arriver au cœur des ténèbres. L’horreur.

Camille : “Enfin.” Me dis-je. Enfin je vais trouver du God Seed sur scène et oui, nous sommes bien placés. Je ne pourrais que dire qu’à ce moment là du festival je me retrouvais dans le même état que Godet. Des murmures traversent la foule : “Il paraît que c’est le dernier concert de God Seed”. Impossible de réaliser à ce moment précis: le spectacle a commencé. Les yeux rivés sur les membres du groupe (et surtout sur Gaahl, quel homme !) je me laisse transporter dans un autre monde. Cette messe noire où le public est en transe et où, en même temps, je subis une sorte d’introspection et une transposition dans un univers où il n’existait plus rien que la musique. Je me retrouve transpercée des sons de la basse et de la voix grave de Gaahl puis, me réveille enfin, pour me rendre compte que oui, peut-être, ce serait le dernier concert concert de God Seed, mais que oui, j’y étais. Le teint blafard, triste, je retourne également au campement afin d’essuyer ma fatigue et mon incompréhension dans l’épaisse étoffe réconfortante du soma salvateur.

 

Le Vendredi, c’est par là que ça se lit. Le Dimanche, c’est ici!

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