Heimdalls Wacht – Ekte Westfäölske Svatte Metal

Black-Pagan-Thrash- Allemagne

Heidens Harts Record – Novembre 2012

Toujours en avance sur le reste du monde civilisé, HML vous offre la crème de la crème de la crème, de la musique qui tue.

 

Il y a de cela quelques mois, Metal Obscur (puisse Lucifer bénir ce zine) nous parlait d’un album au nom imprononçable livré par des teutons visiblement gavés au Thrash. J’y ai donc jeté une oreille, puis y ai laissé mon cœur. Heimdalls Wacht avec sa toute dernière offrande au monde, Ekte Westfäölske Svatte Metal m’a scotché et me scotche encore régulièrement.

De quoi nous réchauffer l’âme

Passé par les routes d’outre-Rhin, j’en ai ramené quelques jolis souvenirs, des productions locales dont l’indétrônable Agent Orange, mais aussi la mignonne galette précédemment évoquée. Maintenant que le froid semble s’abattre sur notre pays et que les nuits se font plus longues, je vous livre mon petit descriptif sur le fameux skeud, en espérant que cela vous poussera à écouter (ou réécouter) Heimdalls Wacht.

Hooo la jolie typo! En Papyrus, ça donnerait quoi?

Hooo la jolie typo! En Papyrus, ça donnerait quoi?

Étant donné que je n’ai jamais vraiment bossé mes cours d’Allemand, je ne vais pas vous apprendre grand-chose sur le groupe ou sur les paroles de leurs chansons. De plus, je n’ai jamais eu l’occasion de me passer leurs plus anciennes production, donc, je ne vous comparerai pas le contenu, je ne vous parlerai pas des évolutions notables du groupe ou de ce genre de choses. Juste le skeud, son livret et le boitier. Quoiqu’on s’en fout du livret, vu que je ne parle pas la langue de Goethe (et vous non plus).

Visiblement formé en 2004 en Rhénanie-Nord-Westphalie (Cologne, Aix-La-Chapelle, Münster, pour les ignares) comme un side-project de Martyrium, Heimdalls Wacht se qualifie comme du Black Metal « Païen » (ce qui me semble être un pléonasme en soit) sans jamais tomber dans l’écueil du Pagan pour buveur de bière ou pour Viking du dimanche. Ekte Westfäölske Svatte Metal est donc le cinquième long-jeu de la formation teutonne. D’une durée d’une heure, le disque ne laisse pas de temps mort et pose une ambiance glacée, guerrière mais teintée d’une espèce de mélancolie assez étrange. Heimdalls Wacht nous offre un Black Metal pur. Pas épuré genre lavé à la javel (comme on pourra dire du Grand Declaration Of War par exemple) mais pur à la puritain; la source, rien que la source, sans vraiment s’encombrer du genre en lui-même. Ainsi, Heimdalls Wacht possède une couleur toute singulière, une espèce de force faite d’une lourdeur boueuse et glacée. Nous pourrions évoquer cette voix qui, jamais n’arrive à s’envoler (encore que…), et ces riffs heavy, accrocheurs à faire pleurer un biker entre deux désossage de flics. Les sonorités empruntent autant au Thrash et au Heavy qu’au Black. Certes, les tremolo pickings sont légions et la double pédale s’en donne à cœur joie mais on est loin de Marduk par exemple, on serait plus chez un Primordial enragé et privé de soleil. De plus, il y a une certaine continuité dans les riffs, comme une âme commune, une idée implicite qui ressort au fil des chansons. Ceux qui auront écouté des bêtes comme le 666 d’Aphrodite’s Child, le Fun House d’Iggy & the Stooges ou encore plus classiquement, The Wall, voient de quoi je parle.

Nous remercierons Lastfm et ses sympathiques donateurs pour les photos ce cet article.

Nous remercierons Lastfm et ses sympathiques donateurs pour les photos ce cet article.

Et maintenant, on va faire une vraie partie à ce faux article qui ne mène nulle part

Tout commence avec Seelenkrieg, la guerre des âmes. Tambours guerriers venus de loin, cris de terreurs. Soudain, le morceau d’où l’album tire son titre retentit sans se faire prier et sans vraiment prévenir : riff qui déchire tout, double pédale bien massive, chœurs catchys, grosse cymbale qui redouble l’intensité à chaque thème principal. Partie thrashy bien râpeuse, reprise mid-tempo sans concession… Dés cette seconde piste, on identifie les grands « trucs » qui font de la galette une merveille à part entière: les riffs complètement dingues, épiques et prenants et les voix jamais complètement maîtrisées, rageuses. Du Black, du vrai, qui emprunte mais qui se réinvente. Pas un truc pour bouffeurs de yaourts.

Unsiälige Kiär commence comme du Slayer (le riff est carrément pompé sur South Of Heaven, mais on dira qu’on n’a rien vu/entendu), y retentissent les grosses guitares accompagnées d’une montée à la batterie hyper-massive au son lourd, juste pourvu d’écho comme il faut. Il va sans dire que ça marche fort bien et que, sur scène, ça doit être carrément de la folie. Les voix s’entremêlent, registres gutturaux alternés, graves et aiguës pour déboucher sur des chœurs en voix claires. Au début, ça peut surprendre, on peut remettre en cause la justesse du chant ou l’usage de la langue allemande, mais ça ne serait que calomnies, étant donné qu’en fin de compte, le morceau sonne comme il se doit, et est hyper cohérent, parfaitement structuré; on n’est pas paumé entre les parties et on ne peut pas s’ennuyer. Encore que, j’ai entendu dire qu’il existait des gens qui seraient insensibles au Thrash et au Black. Mais ça doit être un mythe, ou bien des monstres de l’ancien temps, comme les fans de Bon Jovi.

Saruman, on stage

Saruman, on stage

Geheimbund, rien que pour le beuglement lancé au début du morceau, cette piste vaut largement le détour. Le chant y est complètement débridé, les voix s’y entrechoquent sans aucune retenue. L’occasion de redire que cette batterie est un pur bonheur; Feuerriese est une arme de destruction massive. Petites montées et roulements à gogo. Le son de ses fûts est d’une profondeur vraiment plaisante, mais peut-être au détriment de la basse qui se fait  alors sûrement un peu trop discrète.

Tiwaz entflammt illustre bien ce que je voulais vous dire à propos de Heimdalls Wacht, à propos de l’alchimie entre les riffs déclinés à toutes les sauces, à toutes les variantes, toutes plus épiques les unes que les autres avec la voix savamment méchante. A 1:40, on a une reprise d’un thème très classe accompagné de chœurs, la voix râpeuse qui ne s’y oppose pas vraiment et la batterie galvanise le tout. Reprise du thème vers les 3:00 en mid-tempo, le temps de repartir encore plus fort, encore plus épique.

Suivra cet instant de liesse guerrière, une courte instrumentale à deux guitares acoustiques : Die Formulierung des Unformulierten. Bel instant, épuré et tout en résonances, où viendra se greffer Das Martyrium. Cette dernière d’une grande solennité se verra pourvue de pistes acoustiques ajoutées aux guitares saturées, ceci conférant d’autant plus de force aux accords joués sans tomber dans un délire folkeux bas-de-gamme-pété-à-l’hydromel-biologique.

Exil, elle se fait mélancolique, avec son thème principal en trois temps, un je-ne-sais-quoi qui pourrait filer facilement le Didier (bourdon). Comme une valse terrible qui ne perdrait pas en férocité. D’ailleurs, les guitares en harmoniques y sonnent comme des violons. De quoi être déstabilisé durant cette fin d’album. Or, précisons-le, la messe n’est pas dite.

Alles Ist Grau, le véritable final du skeud, commence par une courte intro acoustique, puis repart de façon habituelle à l’album sur une instrumentale bien massive pourvue d’un chant, comme vu auparavant, fort écorché. Mais là, la magie s’opère, le riff qui aurait put passer pour poussif se mue : il devient autre chose et entrouvre, tout d’abord le morceau sur une autre ambiance, quelque chose d’inédit à l’album. Puis vient le break, qu’on pourrait qualifier de lumineux. Oui, du Black lumineux qui redevient hyper-massif sans se faire maniéré. Une juste question d’équilibre où, chaque musicien est parfaitement à sa place, une piste parfaite pour clore un album d’une telle force.

La piste « cachée » de l’album est un joli défouloir Thrash régressif comme je les aime qui ne colle pas vraiment avec les autres morceaux mais n’est pas du tout déplaisante. De quoi se vider une petite Faxe entre poteaux et redescendre doucement.

Une bière réputée pour ne pas avoir de fin et pour avoir meilleur goût coupée avec de l'essence ou du jus de batterie.

Une bière réputée pour ne pas avoir de fin et pour avoir meilleur goût coupée avec de l’essence ou du jus de batterie.

Enfin…

Pour terminer cette chronique définitivement trop longue, je ne vais pas me répéter, redire tout ce qui m’a botté dans ce disque. Je veux juste que, si vous aimez un tant soit peu le Thrash, le Heavy et/ou le Black, il faut écouter cette bête en un bloc, comme si les morceaux étaient dépendants les uns des autres, ce qui me semble être le cas, voilà pourquoi je n’ai laissé qu’un seul échantillon de l’album dans ce papier. Vous y entendrez du Black imparfait qui sait faire des mélodies sans être mélodieux, qui sait être rageux sans être stupide. Bref, un album qui a de l’âme, un album parfait pour l’Hiver qui s’installe.

En plus, si vous comprenez l’Allemand, contactez HML, on discutera de la signification des paroles, ça sera chouette.

eMet Aguirre

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