Speedwolf – Ride With Death

Speed/Thrash pour l’homme au masculin

Denver, signé chez Hells Headbanger Records

De toute beauté cette jaquette

De toute beauté cette jaquette

Il y a quelques temps, j’encensais Mobütu sur ce glorieux Zine. Vous vantant la pureté de leur son, l’émotion que les lascars véhiculent sur scène. Je vous expliquais que la plus grande des musiques, c’est celle qui rend fou. Si vous ne vous êtes jamais réveillé le matin en ayant la nuque en vrac, les oreilles qui sifflent et des capsules pleins les fouilles, vous ne pouvez pas calter. Le rock’n roll est la plus grande de toute les musiques. Il va sans dire que, comme tout ce qui marche ou a marché (le Punk et le Black illustrent bien la chose), on a fait du Rock’n Roll une marchandise : en attestent ces horreurs de t-shirts avec cette langue hideuse faite de strass pour des midinettes qui pleureraient si elles voyaient la gueule de Keith Richards. Et je ne vous parle pas des mugs avec la tête de Bowie dessus…

J'ai enfin réussi à la replacer celle-là.

J’ai enfin réussi à la replacer celle-là.

Mais, on va être clair, les choses n’étaient pas pour autant mieux « avant ». Certes, le rock’n roll, ben, on lui crachait dessus, et il te le rendait bien : c’était une musique de sauvages. Un truc bien burné et badass qui te pétait forcément le crâne. Réécoute Jerry Lee Lewis et ne va pas me dire que c’est du petit lait. Little Richard il te bouffe huit fois cet enfoiré de Stromae au petit déj’. Et encore, je ne te parle pas de Gene Vincent ou de Lux Interior. Or, justement, encore aujourd’hui, le rock a survécu hors magasins, à travers certaines formations, notamment du coté du Metal. Des trucs fumeux un peu inavouables qui se retrouveront peut-être sur des polos pour Bobos (mais dans 20 ans). Chez ces groupes, les penta et les blue notes sont parfois un peu hachées, le strumming hérité de la country un peu speedé, mais, ça secoue toujours autant. Speedwolf en atteste. Oui m’sieur, Speedwolf, c’est pas de la zique pour bouffeurs de yaourts.

 

Digressions et introductions…

Il y a peu, j’ai découvert (en inox) Speedwolf dans cet antre Bordelais qu’est l’Heretic Club, infâme tripot à la prog’ des plus géniales (promis, je reviendrais fort bientôt sur le sujet). Calé dans ce grand sous-sol humide de la rue du Mirail, j’y ai perdu moult neurones et la moitié de mes capacités auditives en assistant au show des enragés de Denver. Le jeu est aisé, guerrier et fun ; du Thrash/Speed gavé au Hardcore et au Tête-de-Möteur, en témoigne la superbe Iron Fist finale ; de quoi se labourer les gencives dans le pit (s’il y en avait eu un). Un authentique show rock’n roll, une vraie présence sur scène, un bon échange avec le public, une grosse patate (et pas que dans la gueule), un son à réveiller les morts. La formation a eu tout bon ce soir-là, et le public en a redemandé. Et puis, rendons à César ce qui est à César, les très sympathiques Radhammer ont fort bien fait leur taf en ouvrant le bal ; c’était frais mais ça a chauffé la salle comme il fallait sans que ça sente le réchauffé (Oui, Isabelle Morini-Bosc a prévu de m’acheter les droits de cette réplique).

De l'influence...

De l’influence…


Ride With Death : Born To Kill.

À ce jour Ride With Death est le seul Long Jeu de Speedwolf. Bon, je vais d’abord souligner un truc qui me gène tout du long de l’album : le son du kick. Sur scène, la batterie tenue par Richie Tice (qui a joué chez Havok, le temps d’un EP) est nettement plus massive, là, elle manque de profondeur et donne un son très Metal moderne au tout. A froid, je crois que c’est véritablement le seul vrai reproche que je ferais à la bête, tellement que cet album est cool. En plus, la jaquette est chouette, kitsch comme j’aime.

Bon, pour le contenu, on va se la jouer résumée :

Tout d’abord, ça commence avec Speedwolf : le ton est donné, grosse batterie, gros accords méchants, riff qui tue, petit larsen… ça ne fait pas une minute que la galette est lancée qu’on sait que ça va dérouiller, que la petite instrumentale est là pour planter un décor bien bien massif. En gros, on ouvre les bières et on s’échauffe la nuque. Montée à la batterie, bon gros rugissement : on fait le ventilo avec les tifs.

Sans transition, Up All Night, aux refrains jouissifs et au final à la double pédale. On dit merci.

I Am The Demon : un des gros point fort de la galette. Ça commence à toute blinde, batterie en solo, refrain hyper catchy. Et quand on voit Reed Bruemmer sur les planches, qui prennent feu sous ses bottes, on lui concède, he is the demon. En plus il y a un joli solo de guitare bien épique, et un joli solo de batterie fort bien senti. Puis, Qu’entends-je ? Une mosh part sur Time To Annihilate ? Fort bien !

Reed Bruemmer, The Demon.

Reed Bruemmer, The Demon.

Death Ripper : très hargneuse, le chant bien que groovy, en viendrait presque à sonner Black, sur des riffs qu’on croirait inspirés par la douce mélodie d’un panhead rugissant. Ce morceau, un de mes favoris, se démarque du lot par sa férocité, par cette noirceur. Contraste assez saisissant avec le reste de l’album qui, bien que badass sonne assez fun, déjanté parfois.

The Reaper advient peu après ; petits galops, et toujours ces solis ultra épiques et définitivement bluesy, encore un je-ne-sais-quoi heavy qui transpire des enceintes. S’en suit le morceau qui donna son titre à l’album (ou vice-versa, celui qui pourra me fournir l’information se verra offrir un kinauton en peluche). Puis, L’album s’achève sur l’über catchy Detroit 666, revisitée on stage selon les lieux de passage. Bref, ça fait du bien par là où ça passe.

En gros,

La galette n’apporte certes rien de très nouveau dans l’histoire du genre, et, on peut lui reprocher une certaine linéarité durant ces quarante-et-une courtes minutes. Néanmoins, elle a le mérite de ne pas laisser de temps morts, d’être sans fausse note du coté de la composition. Bref, un album parfait pour une soirée régressive, idéal lorsqu’on doit semer les flics, à contre-sens sur la francilienne, en pleine nuit, en pleine tempête, sans ôter les lunettes de soleil.

Vous aurez compris, le papier était court, mais, sérieusement, j’attends les prochaines productions de Speedwolf.

eMet Aguirre

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