Red Fang – Whales and Leeches

Beards’n’beers Badass’n’roll

Relapse Records Octobre 2013

Sous la bannière Relapse Records et après deux excellents albums, Red Fang is back in ze bacs avec leur nouvel effort discographique: Whales and Leeches. Désormais valeur sûre de la scène US, les p’tits gars de Portland en viennent au cap fatidique du troisième album avec une chouette pochette qui n’aurait pas dépareillé dans un film de John Carpenter. Whales and Leeches a donc la lourde tâche de passer après Murder the Mountains: changer la confirmation en affirmation.

Alors Red Fang, du Sludge ? Bah euh…

Je ne vois pas comment décrire autrement la musique de Red Fang autre que sous le terme de « Heavy’n’Roll » (n’en déplaise à un groupe obscur vendéen que je ne prendrais même pas la peine de citer). Ou alors, Red Fang c’est du «Badass’n’roll ». Un peu comme si Machete avait troqué sa lame contre une SG über distordue et te martèlerait le crâne et ce pendant une heure.

Certes Red Fang est associé au style du « Sludge Metal » et on a vu bon nombre de webzines (peut-être anecdotiques face à HML) taxant leur musique de « Sludge-pop » pour qualifier leur musique plus accessible et plus axée sur un format « chanson ». Attention, Red Fang ne sombre pas dans un Cabrel-Like [NdeMet: Laissons à Messhugah ce genre d’appellation] mais combine d’autres influences, du punk au stoner en passant par le doom et le grunge (oui oui, écoutez Every Little Twist!). Le groupe possède ainsi un esprit bien différent des autres groupes représentatifs du style. Red Fang est le groupe de concert par excellence, celui qui donne envie de gueuler les refrains en avalant de travers son énième bière éventée.

Ne sont-ils pas mignons ?

Ne sont-ils pas mignons ?

GIMME THE FANG!

De l’efficace et des bons gros riffs, Red Fang reste accessible tout en proposant des morceaux à la structure recherchée malgré la courte durée de la majorité des morceaux de l’album.

Car Whales and Leeches ( prononcez Welles ènd Litchies) fait un peu plus de trente-cinq minutes au compteur. L’album s’écoute d’une traite et les titres s’enchaînent avec la vitesse d’une bonne droite sur un fan de Nightwish! [NdeMet: Nightwish n’a pas de fans, juste des groupies] Et Dieu Lucifer que c’est bon! On a qu’une seule envie après que la chaîne ai laissé la dernière note s’évanouir dans la réverbération naturelle de notre salon: presser le bouton play à nouveau. Comme on l’a évoqué plus haut, la courte durée de la plupart des morceaux n’empêche pas d’avoir des breaks qui tuent (Behind The Light) et des riffs bien sentis.

Une journée habituelle en studio.

Une journée habituelle en studio.

Après le déchainement des premiers titres, se trouvent deux excellents morceaux en milieu d’album : Dawn Rising  et Failure. Si le premier est le titre épique de l’album avec sept minutes de sludge à l’ambiance insistante, sublimée par l’intervention de Mike Scheidt (YOB) s’achevant par une rupture totale d’ambiance avec des claviers planants et bruitistes mettant en valeurs de chouettes petites arpèges. Hiiiiiii!

"Salut, on veut faire un remake des Valseuses. On fait Dewaere et Depardieu. Tu veux bien faire Miou-Miou ?"

« Salut, on veut faire un remake des Valseuses. On fait Dewaere et Depardieu. Tu veux bien faire Miou-Miou ? »

Puis, Failure et ses notes tenues de guitare sur fond de batterie martiale démarre et nous revoilà plongé dans une ambiance similaire à Dawn Rising dont elle semble être la continuation logique avec des chœurs comme venus d’une nuit rampante. Au travers ces deux morceaux, c’est toute une série d’images qui nous viennent en tête comme d’immenses vagues de son recouvrant le soleil, permettant à la créature de la pochette de vomir ses immondes rejetons sur la ville.

Comment ne pas évoquer 1516 qui témoigne également de l’excellent travail fourni par David Sullivan et Maurice Brian Giles. Les guitares s’échappent de leur rôle habituel en fin de morceau pour s’entremêler dans un déluge sonore noisy. Ces trois morceaux sont à mon humble avis les plus originaux de l’album, si ce n’est point les meilleurs. Évidemment, on ne cessera de le répéter, les titres plus rentre-dedans bastonnent mais on ne peut s’empêcher parfois de penser aux opus précédents. Cela confirme au moins une chose (plutôt bonne): Red Fang s’assume complètement et trouve son originalité en explorant son style. Celui-ci semble être arrivé à une certaine maturité après trois album passés à le peaufiner. L’occasion peut-être pour le prochain disque d’opérer à une première mutation ?

Laurent Romejko n'est plus le gendre parfait.

Laurent Romejko n’est plus le gendre parfait.

Saindoux Metal for the masses. Good for you.

Red Fang poursuit son petit bonhomme de chemin, en bulldozer débridé sur les routes de campagnes, en approfondissant son style et en affinant sa grosse patte griffue. Du badass’n’roll nourri aux films gore et à la bière soutenu par une production impeccable et massive à la fois. Le mixage est bien équilibré entre caisse claire claquante, mur de guitares imposant et des vocalises d’Aaron Beam qui se glissent naturellement dans l’ensemble. Du son crade oui, mais avec une certaine finesse.

J’ai pas de chute alors je vais aller m’en ouvrir une et savourer une nouvelle fois Whales and Leeches.

Leeches Blackmore, haha.

Fenrir The Cat

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