Black Sabbath – 13

Maintenant, souvenez-vous de la jaquette du Never Say Die !. Essuyez vos larmes.

Maintenant, souvenez-vous de la jaquette du Never Say Die !. Essuyez vos larmes.

Metal géniteur, originaire de Birmingham

Disponible le 10 juin 2013 chez Vertigo Records

Lecteurs de HML, imaginez… Imaginez un monde sans Black Sabbath. Un monde où… Christine Boutin pesterait contre des jazzeux sataniques, un monde où Hear Me Lucifer ne parlerait que des rejetons directs de Robert Johnson et de Gustave Doré (pas si mal que ça en fait…). Un monde où le mot « Heavy Metal » serait forcément associé à une cohorte de chevelus à la chemise médiévale ouverte sur un torse viril : un monde où la musique la plus brutale, la plus pure nous viendrait seulement de Ritchie Blackmore.

Je ne cherche pas à vanner bassement M. Deep Rainbow, je veux juste vous faire comprendre que, sans Black Sab’, nos vies seraient complètement autres. Nos vies, que dis-je, l’Univers serait bouleversé. Le Multivers même. Sans Black Sab’, pas de Metal, pas de Super Collider, pas de Pop Redemption.

Wheel

Bon, j’ai peut être l’air halluciné en clamant la chose de la sorte, mais réfléchissez-y. Black Sabbath est la meilleure chose qui soit arrivée à notre planète durant le dernier siècle (si l’on excepte les Ramones et l’ultra-libéralisme. Alléluia). [ndThéo : Amen.]

Étrange. Il y a comme quelqu'un qui a l'air à part...

Étrange. Il y a comme quelqu’un qui a l’air à part…

Beginning of Beginning

Bon. Cet album, 13, on en parle depuis un certains temps maintenant… On a retenu que Tony Iommi a failli se faire bouffer par le lymphome et que cela l’a poussé à pondre une nouvelle galette avec ses vieux poteaux de route/cokerie/larsen, soit Geezer Butler et Ozzy Osbourne (alias le Prince des Ténèbres) : le fameux « Black Sabbath des origines ».

Non, je n’oublie personne.

Dave Lombardo ?

Qui a dit « tu chauffes » ?

Bill Sabbath

J’espère qu’il touche les royalties, au moins…

Donc, à la batterie, on retrouve néanmoins le très talentueux Brad Wilk (RATM), Rick Rubin himself, quant à lui, s’est chargé de la confection de la galette.

L’argument de vente majeur de 13 est qu’il se trouve être le fameux album studio des retrouvailles. La galette est composée par la même équipe, ou presque, qui a gaulé War Pigs, NIB ou encore Snowblind. Et ce 35 ans après le Never Say Die !. Avec une telle gestation, on pourrait comparer le Black Sab au Gun’s, et pourquoi pas craindre l’effet Death Magnetic…

Et encore, j'en avais d'autres du même goût.

Et encore, j’en avais d’autres du même goût.

Sérieusement, j’ai pas vraiment moufté lorsque j’ai entendu les quelques pistes qui ont filtré avant la sortie de l’album (quoi, vous me dites que l’album n’est pas encore vraiment sorti lorsque j’écris ces lignes?).

God Is Dead ?, je m’étais dit « c’est réglo, mais bon, c’est pas Sweet Leaf« . Puis je m’étais interrogé sur la présence du point d’interrogation à la fin du titre. Loner, jouée en live, était dispo sur Youtube, et là, pour ne rien vous cacher, j’ai eu peur. Cette voix… Ce monolithisme instrumental (oui, dans tous les sens du terme) me laissèrent plus que perplexe.

La Bête

Je pense bien que toutes ces considérations personnelles, vous vous en cognez, mais, si on veut écouter 13, il ne faut pas s’attendre à entendre une redite du Paranoid ou du Master. Pour ça, vous avez les œuvres de Kadavar ou Orchid, et, ces types-là sont véritablement brillants. Comme Dany.

PIX Geezer

Ce type est une légende vivante, un monument, le syncrétisme incarné du Blues, du Rock et du Jazz. En plus, il ne mange pas d’animaux.

Donc, comparer librement cet album du Sab’ à ses grands-frères, ça serait cradingue. Même s’il y a des ponts qui me semblent évidents, mais ça j’y reviendrai plus tard. Ce qu’il faut voir, c’est que 13 sort tout de même après près de 45 ans d’expérimentations, de création au sein de la grande famille qu’est celle du metal. Sans déconner, si Jimi revenait aujourd’hui, vous croyez vraiment qu’il referait Little Wing ? Surtout s’il était resté sur le devant (ou presque) de la scène du rant tout ce temps…

Ozzy a eu une grosse carrière solo, Tony a sorti plein d’albums – avec ou sans les Black Sab – dont des trucs plus ou moins rigolos. Toujours formé autour de Iommi, Black Sabbath a été un vrai caméléon musical ! Le Seventh Star n’est pas le Volume 4 ! Manants, ne croyez pas connaître la Bête en deux passages du We Sold Our Soul For Rock’n’Roll !

Ozzy + Bear

Ozzy et Zakk Wylde, une histoire POUSSIVE, de MANCHES bien HUILÉS.

D’abord on va faire comme les flics turcs, on va tirer à vue :

CETTE JAQUETTE EST MONSTRUEUSEMENT IMMONDE

Sérieusement. Même les COB font des trucs plus chouette.

La galette commence, assez logiquement, avec End Of Beginning. Oui, l’un de mes précédents intertitres était un jeu de mots pourri. Donc. Ce premier morceau commence avec les fameuses guitares balaises à la Iommi : pas de préambule instrumental d’ambiance pour faire monter la sauce. On rentre dans le lard comme des papas en terrain conquis avec un riff tout con mais plutôt badass, ensuite décliné en version light pour se faire malsain. Ozzy entre dans la danse, la batterie nous fait des petites montés, puis le fameux riff en 3-4 notes redevient hypermassif. Moi ça m’a rappelé ça.

Pas vraiment étonnant, sauf sur la fin où Ozzy nous fait des vocalises plutôt rigolotes qui démarquent vraiment End Of Beginning de Black Sabbath.

Justement. Ozzy, parlons-en. Sa voix m’a d’abord dérangé sur cet album. Trop propre. Trop carrée. Et, jusque dans son traitement, on ressent clairement qu’Ozzy n’enregistre pas comme jadis. On gagne en clarté mais on perd en spontanéité. Ça en devient très chiant par passages, notamment sur God Is Dead ? Ou sur Loner. Mais bon, en même temps, Ozzy a vraiment cette capacité à nous balancer un chant unique. Au moins, ses lignes ne sonnent comme personne.

Bel homme.

Bel homme.

Zeitgeist… Oui, j’ai dit qu’il ne fallait pas comparer 13 aux autres Black Sabbath, mais bon, là, c’est tellement évident… Vous aimiez Planet Caravan ? Sa petite guitare tranquille un peu planante, sa basse vraiment chouette et ses percus new-age ? Bon, on retrouve tout ça, en moins minimaliste que Planet. L’ensemble est plus folk par passage, et, comme tout au long de l’album, on entend bien la basse de Geezer, qui nous régale. Ce type met ce qu’il faut où il faut, c’est mélodique, simple mais toujours, toujours pertinent. Enfin bref, si tu me lis Geezer, je t’aime, et ce depuis le début.

Parlons de Tony Iommi… Comme d’hab’, ses riffs sonnent, et ses soli sont bien bien classes. Age Of Reason sonne très Heaven And Hell par passages et nous offre un grand moment avec des claviers descendus tout droit des cieux. Tony y balance un solo épique : Dieu-Le-Père, plus fort que le lymphome. Amen.

Mon vieux complice. Et si tu savais ce qui pend...

Mon vieux complice. Et si tu savais ce qui pend…

Damaged Soul est peut-être ma piste préférée de l’album. Le riff d’ouverture ressemble à celui de Just Don’t Know de Radio Moscow d’ailleurs. Un peu poussif, le morceau se traîne doucement, se fait désirer, il se fait langoureux, il se fait… Groovy. Il égraine des bribes d’harmonica d’abord minimalistes, fait monter une tension toute bluesy, module l’intensité. Il nous tient en haleine. Wilk y démontre sa maestria avec brio ; la guitare y pleure, la basse chauffe, chauffe, et, Ozzy s’y lâcherait presque ! Ça devait guincher sévère en studio le jour où ils l’ont mise en boite celle-là !

L’album s’achève sur Dear Father. Ce n’est pas forcément le meilleur titre de l’album mais, par sa complexité et par sa symbolique sur sa fin il vaut largement son pesant de cahouettes. Morceau sombre, tragique, mais qui se révèle être véritablement surprenant sur son final. Je ne vous raconte rien de plus, mais, Dear Father est une invitation à réécouter l’œuvre du Black Sab. Avec ou sans Ward, avec ou sans Ozzy ou Butler mais sans modération.

Reader’s Digest

De mon humble avis de fanatique du Black Sab’, je ne vous soutiendrai pas mordicus que 13 est « la renaissance parfaite et sublimée du plus grand groupe de tout les temps ». 13 est un album qui en a, qui est chouette. Il serait de n’importe quel autre groupe, il n’en demeurerait pas moins classe. 13 est un disque franchement OK.

Ceeeeertes, je lui préfère au moins les 8 premiers de la discographie de Black Sabbath, mais mis à part quelques passages à vide, des longueurs, la voix d’Ozzy qui me gonfle parfois et le son en général de l’album qui est HYPER MEGA CLEAN (clean mais massif, moi j’aime bien quand ça suinte, comme sur Black Masses), ce disque est cool.

Un autre à venir avant 35 ans ? Avec Bill Ward ?

eMet Aguirre

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