Kylesa – Ultraviolet – 24 mai 2013

Un disque court, sans sucre. Revoilà la bande de Savannah, qui après un Spiral Shadow raté au yeux des puristes (qui creusent toujours le même sillon), nous propose une nouvelle galette dont la recette risque de faire frémir les fans les plus obtus. Adieu le sludge et le panache des Static Tensions. Ultraviolet a plutôt tendance à lorgner sur les territoires déjà explorés dans leur précédent effort.

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Psyché/sludge/pop de Savannah, Géorgie, USA.

Disponible chez Season Of Mist depuis le 24 mai 2013.

« Divisez-moi ces tempos par deux, doublez les voix et multipliez par 73 les effets de guitare. » On s’imagine bien Phillip Cope et Laura Pleasants avoir ce type de discours au moment des premières compos. C’est en effet ce qui frappe à la première écoute, un disque monolithico-produit. Les voix, les guitares, les batteries, le tout est mixé au millimètre.

kylesa

C’est le printemps à Savannah !

Aucun son ne pique la place d’un autre, là où auparavant la musique de Kylesa était plutôt « batteries, guitares, et le reste on verra… » Même si Exhale ouvre sur un soundcheck des deux batteries nous rappelant les grandes heures des percussions pachydermiques de la maison, le reste de l’album se veut plus… neuf ? Comme déjà perçu dans Spiral Shadow, la musique de Kylesa change vers une direction plus lowtempo et ambiant, à la limite du shoegaze et du rock psychédélique.

Pour exemple le plus flagrant, l’intro de Unspoken. Ambiance lourde, quasi nocturne. Les pics de guitare nous rappelleraient presque Cliff Martinez en mode BO de Drive. On imagine déjà un clip d’un mec transpirant sur une autoroute de Miami, de nuit, en route pour nulle part. Mais cela n’empêche pas le combo de nous gratifier de leur sauce habituelle. Les compos sont toujours aussi efficaces et se ressemblent peu.

Drive-Scorpion-Jacket

Regardez Drive, coupez le son du film, passez Ultraviolet à la place. Vous verrez.

Long Gone et sa rythmique quasi militaire fait la part belle au chant de Laura (on attend de voir en live…). Steady Breakdown, elle, est le meilleur exemple de ce nouveau Kylesa. Un riff bâtard, quasi passe-partout, des nappes de sons ambient et crasses, le tout baigné d’une envie pop mais mâtiné d’un son burné. Quicksand et ses petits solis de Les Paul aurait tendance à nous rappeler un Unknown Awareness d’antan. Grounded complète le tableau d’un grand stoner sudiste, dont on imagine déjà la reprise par Motörhead.

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Laura Pleasants prête à voir en Ultraviolet.

Tous ces titres s’accordent comme des tableaux, dont on passerait de l’un à l’autre. A chaque morceau un regard différent, mais toujours la même aura qui l’enveloppe. C’est un disque court, pop, mais finalement sans sucre. La patte Kylesa et son savoir-faire ne changent pas mais évoluent. Le groupe parvient à confirmer son virage entamé sur le précédent disque. Sans foncer dans un mur construit par les fans de la première heure, détracteurs des disques post-Time Will Fuse Its Worth.

Au final, Ultraviolet me fait l’effet de Yellow & Green de Baroness. J’ai d’abord crié au scandale, puis au génie (pop), pour finalement conclure mon sentiment sur le fait qu’un groupe vit au même titre qu’un ado boutonneux. Il finit souvent par trouver sa voie là où on ne l’attend pas.

Tristan G.

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