Valland – s/t – 2010

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Pagan Black Metal de Paris, France.

Le groupe n’est pas signé. Ici leur Facebook, par là Myspace.

Qu’on se le dise, je n’aime pas le folk metal. Encore moins s’il s’agit d’une petite production et encore moins s’il est français. En effet, si la France peut se prévaloir d’une bonne scène black/pagan, les groupes de l’hexagone cherchant à mêler instruments traditionnels et musique extrême tombent généralement dans la plus profonde médiocrité. Médiocrité par leur absence d’imagination, médiocrité par leur volonté de produire une musique facile d’accès, médiocrité par leur capacité à vouloir plagier leurs ainés scandinaves, et last but not least, profonde médiocrité qui se retrouve dans la pauvreté affligeante de leurs textes. Je n’entrerai pas plus dans le détail pour cet article, mais nous résumerons notre pensée à ceci : le folk metal français est aujourd’hui incarné par des imbéciles pré pubères en kilts, vouant un culte à la bière et à Thor (pitié).

 Valland est une formation parisienne de folk metal, et nous nous pencherons ici sur le seul album qu’elle ait actuellement produit. Ce groupe est une révélation inattendue sur la scène française. Créé en 2001, ses membres ne sortiront leur première production que huit ans plus tard pour des raisons internes au groupe.

Que cela soit clair, la diatribe du début de mon article ne s’applique en aucun cas à Valland. D’après moi, la formation a réussi à esquiver avec brio tous les pièges qu’impliquent un groupe de folk metal en produisant un album d’une violence inouïe.

Haine, Violence

L’intro ne paye pas de mine au premier abord, cependant elle plante clairement le décor. Les instruments y rentrent progressivement, accompagnés par la mélodie répétitive jouée à la veuze. Deux minutes d’une montée en puissance pour ensuite rentrer pleinement dans le vif du sujet.

« Une armée de Gaulois et de Germains… ». Même si l’album de Valland ne comporte aucun livret de parole, les textes en français vous rentreront facilement en tête après quelques écoutes. Une batterie qui ne lésine pas sur l’usage de ses cymbales crashs, qui blast et qui le fait bien (même si je soupçonne une BAR pour l’enregistrement), des guitares jouant tantôt des riffs par rafales un poil death, tantôt de grosses doubles bien black. Et la voix… mais quelle voix ! Le chant est balancé dans un style death presque hardcore qui ne lasse pas. Les paroles sont bien audibles, et projetées avec puissance. On est à des kilomètres des murmures grincheux pseudo blackeux de toute formations quelconques, ou encore pire, de chant clair se voulant traditionnels et païens (pitié).

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Courroux Celtique, ouais.

Je ne vous détaillerai pas chaque chanson une à une. Je m’arrêterai cependant rapidement sur deux d’entre elles.

Courroux Celtique : composition où les instruments folk sont absents. Elle est la pierre d’angle de l’album tant par la litanie de ses guitares qui, permettez-moi l’expression « bastonnent sévèrement », que par son chant purement vengeur et guerrier qui donne une profonde envie d’aller faire couler le sang de l’envahisseur latin (phénomène relativement redondant lors de l’écoute de l’album).

Valland : Démonstration pure de folk metal à la française. Même si la mélodie est relativement simpliste et redondante, elle a pour unique objectif de desservir la brutalité de Valland. Prenez-en de la graine ! C’est la chanson qui montre pourquoi Valland a compris ce qu’était le folk metal aujourd’hui.

Modèle à suivre pour le folk metal

Un groupe de metal voulant allier des instruments folkloriques à sa musique se retrouve face à certaines problématiques qu’une formation classique ne connaitra pas. D’après moi, l’idée de plaquer une mélodie guillerette sur des accords bateau est le summum de la simplicité musicale, mais bon je peux comprendre que certains puissent aimer (difficilement je vous l’accorde). De plus, l’usage des instruments traditionnels apporte des complexités nombreuses tant pour la composition, que pour les concerts. C’est donc un défi de plus que Valland s’imposent pour ajouter un petit plus qui fait toute la différence.

Ce qui plait particulièrement, c’est de ne pas incessamment vouloir se plonger dans la mythologie (sujet maintes et maintes fois recyclés, souvent assez pitoyablement d’ailleurs). De reprendre une thématique Gauloise/Celtique/Germaine sans forcément se plonger dans une étude pseudo historique (elle aussi beaucoup trop redondante). Et enfin, utiliser l’aspect guerrier et brutal pour servir la violence de sa musique.

Achetez cet album. Arrêtez d’écouter vos groupes à kilt. Goûtez au vrai Courroux Celtique. Je souhaite une longue vie à Valland.

Aharon

9/10

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