Ghoul j’ai rigolé. Cannabis Corpse j’ai pas rigolé. – 27/01/13 Glazart, Paris

cannabis

Ghoul + Cannabis Corpse = immanquable. Une soirée sous le signe du mauvais goût, ça ne se refuse pas. Encore moins lorsqu’il s’agit de parodie goriffico-métallique. De heavy metal auto-référencé. De la blague de potaches qui finit mal. Bref, du thrash, des sacs à patates sur la tête et de la weed frelatée. Un concert où ce n’est pas tant les prouesses techniques des musiciens qui priment mais plutôt une ambiance, une couleur, voire une fraîcheur appliqués au death, au thrash et à un certain savoir-rire.

Une fois n’est pas coutume, je me pointe en retard et je rate la première partie. Je peux quand même vous assurer une chose : Genital Grinder, c’est cool. La preuve : ils terminent leur set par une reprise grindcore de Desperate Cry. Forcément, c’est des mecs cool.

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Puis Ghoul. Qui est arrivé trop tard. Enfin pas ce soir-là, hein… J’veux dire « en général ». Ils sont arrivés trop tard. Leur premier album We Came For The Dead !!! est sorti il y a dix ans, bien avant que ce soit cool de jouer du thrash à l’ancienne. Aujourd’hui, poussés malgré eux grâce à la vague de revival thrash/crossover, Ghoul est devenu culte. Signe des temps…

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Leur façon de riffer, agressive et létale comme Hell Awaits de Slayer avec une pointe de The Accüsed, est complètement datée. Complètement datée mais tout de même à l’écart de la hype incarnée par Municipal Waste, ou Gama Bomb. Du bon son pur pour les truands, de 7 à 77 ans, dans un trip sanguinolent. Presque l’orgasme à portée de mosh-pit.

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Thrash, thrash, thrash, alors. Le headbanging de série, même pas en option. The Lunatic Hour, Off With Their Heads, The Mark Of Voodoo, le tube Splatterthrash ou encore Gutbucket Blues… Rien qu’avec les titres des chansons jouées ce soir, on en a pour notre argent. Et notre moyenne de headbangin/minute prend soudainement un sensible pic d’augmentation. Les zicos et leur dégaine jeans déchirés/sacs de jute sur la tronche/coulées de sang séchés un peu partout déroule son concert dans un Glazart d’ors et déjà conquis qui, avec le recul, me rappelle l’illustration géniale de leur disque Splatterthrash.

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En vérité je vous le dis : il n’y a pas que la musique dans une messe noire dirigée par Ghoul. On en attendait beaucoup de la part des quatre gars de Creepsylvania. Et personne n’a été déçu. Leurs performances live, plutôt rares en Europe, ont pour habitude d’être particulièrement spectaculaires et pour cause : un prêtre satanique, un Dracula de pacotille, des poulets géants en plastique… Voilà une partie de la panoplie grotesque que déploie Ghoul entre chacune de ces chansons (ou presque) pour appâter le thrashos.

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Et ça fonctionne terriblement. Il est jusque les échanges sur scène entre les musiciens qui sont mis en scène, les révélant d’encore plus cruels envahisseurs que Gwar. En un mot comme en 666, Voilà enfin des mecs qui ont compris ce que le public voulait : rigoler. Particulièrement en concert, le bonheur tient à peu de chose : du thrash metal, des zombies avec des sacs à patate sur la tête et un poulet géant qui éclabousse de 5 litres de faux sang les deux premiers rangs. C’est tout ce que je demande.

Ces mecs sont dégueulasses.

Ces mecs sont dégueulasses.

Dommage, finalement, que le quatuor n’ait joué que trois quarts d’heure : riffs véloces et tranchants lors des chansons, représentation gore jusqu’au-boutiste entre les morceaux… Je n’étais pas uniquement à un concert. J’étais au spectacle. Et j’en aurai bien repris deux fois. Enfin pas sûr que mes maxillaires et mes abdos auraient tenu. Parce que pendant Ghoul, j’ai bien rigolé.

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Les Californiens ont finalement fini par être à court de déguisements… et d’hémoglobine. Vingt minutes plus tard, c’est le trio Cannabis Corpse qui chauffe la disto. Cannabis Corpse, c’est avant tout un concept. Plus jeunes, Brent Legion, Land Phil et Hallhammer avaient en commun une passion pour l’exercice de deux expériences en même temps : l’écoute assidue de Cannibal Corpse couplée à la consommation de drogue douce à fumer. Miam.

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Voilà, rien de très original finalement mais une façon de tuer le temps que ma méthode de vie empiriste ne peut que vous enjoindre à essayer dimanche prochain. Surtout si y’a rien à la télé. Bon alors si on récapitule, tous les ingrédients sont réunis : un concept fun, des musiciens qui jouent aussi dans Municpal Waste (pour Land Phil, guitariste chanteur) et Gwar (pour le guitariste Brent Legion), des bandanas sur la tête et un amour immodéré pour la marijuana… On s’attendait légitimement à une bonne claque de death metal rigolo… qui n’est jamais venue.

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Déjà, – pas de chance – Cannabis Corpse passent juste après le show inoubliable de Ghoul. Et force est d’avouer que la mise en scène comico-burlesque de l’un éclipse complètement la représentation tellement-normale-qu’elle-en-est-chiante-à-crever de l’autre. Et ce n’est pas Land Phil, lui-même un peu mal à aise lors de ce silence extrêmement gênant pendant le ré-accordage de sa basse entre deux chansons, qui vous dira le contraire. Les copains, j’en avais le ventre noué pour lui.

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Une scène nue où les trois musiciens, pourtant aguerris, ne semblent pas du tout profiter de leur heure de gloire parisienne, eux qui sont probablement têtes d’affiche pour la première fois à Paris. Alors les riffs pleuvent, la double grosse caisse cavale après les vocaux dégueulés par Land Phil, les titres s’enchaînent (Mummified In Bong Water, Chronolith, Addicted To Hash In A Tin, Skull Full Of Bong Hits, Where The Kind Lives… Bon. Encore une fois, rien qu’avec les titres…)

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Mais ça ne prend pas. Une douille un peu trop chargée qui serait mal passée ? Une lettre de menaces rédigée par Corpsegrinder Fisher ? Difficile à dire. Pour autant, c’est un fait avéré que j’ai vérifié pour vous : un croque-mort rigole plus pendant son entière journée de labeur que les trois membres de Cannabis Corpse sur la scène du Glazart.

Du coup ça ne manque pas : on finit par s’ennuyer nous-mêmes. Enfin, quand je dis nous-mêmes… Je ne parle pas des quelques-uns qui décident de se noyer dans l’alcool pour oublier la monotonie profonde que leur procure le death metal de Cannabis Corpse. Alors oui, on assiste bien à quelques stage-diving poussifs et éthyliques, quelques mosh-pits débiles entre mecs bourrés… Finalement, le spectacle finit par se produire non pas sur scène… mais dans le public.

Arrêtez. Vous avez trop bu.

Arrêtez. Vous avez trop bu.

Trois mecs (pas plus) qui continuent invariablement à pogoter ensemble depuis dix minutes, sans interruption. Question d’ego, sans doute. Ou ce gars avec une athéba et un t-shirt jaune et qui cherche désespérément du soutien pour sauter depuis la scène… et inventer, du même coup le stage-drowning : sauter de la scène et s’éclater la gueule la première sur le revêtement enduit de bière pression et de gobelets en plastique, souverainement ignoré par les spectateurs. Ça t’apprendra, tiens.

Cannabis Corpse, c’est chiant

Voilà. Je ne vais pas circle-pitter autour du pot trois heures. Pendant Cannabis Corpse, je me suis lourdé sévère. Dommage que les trois musiciens n’y aient pas mis la volonté, car c’est clairement de cela qu’il s’agit. On s’amuse plus en concert devant Cannibal Corpse : même à force de gimmicks éculés, même en faisant semblant de se marrer encore sur scène (HAHAHA), les membres du Corpse imposent une présence. Une mise en scène. Oui. C’est dire. Cannabis Corpse, non.

Sur le papier, c’est un groupe fun qui joue avec des clichés, une certaine image immuable du metal, un sérieux grotesque qu’il est souvent bon de tourner en dérision. Et bien c’est raté. Le trio n’a guère mieux sonné qu’un second couteau du death metal à l’originalité inexistante (bonjour, God Dethroned) et qui semble prendre autant de plaisir à jouer sur scène que moi à regarder un spectacle entier de Kev’ Adams. Pourtant, les espérances du public étaient bien réelles. Espérances déçues.

J’ai pas rigolé.

Ghoul aurait du venir rejouer à la fin.

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Theo.

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