Wiht – The Harrowing Of The North – réédit. 2013

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Doom atmosphérique instrumental de Leeds, UK.

Disponible chez Devouter Records.

C’est l’histoire de trois mecs de Leeds, Angleterre. Joe, Chris et Rick, trois ados de Leeds, Angleterre, s’ennuyaient sec dans leur banlieue. Comme beaucoup de mecs, ils se sont mis à jouer de la musique ensemble… et à écouter Black Sabbath. Fan de metal, de stoner et de doom, le trio s’intitule Wiht et sort un premier EP en 2009. Furieuse et burnée, l’autoprod calote alors un paquet de monde et il faut attendre deux ans pour qu’une suite lui succède. Harrowing Of The North, le premier et dernier album de Wiht sort le 5 septembre 2011.

WIHT

On était déjà habitué, dès la première demo du groupe, au format longuissime des pistes de Wiht – les morceaux atteignent le quart d’heure pièce. Eh bien le LP des British est uniquement composé de deux chansons. La première dure 20 minutes, et la seconde une douzaine. En l’espace d’une demi-heure, le trio prouve que son spectre musical invoque le Black Metal de Wolves In the Throne Room, le sludge poisseux de Bongripper et même le stoner incandescent d’un Truckfighters.

The Harrowing Of The North, première et éponyme composante du disque, est un titre impressionniste peignant Guillaume le Conquérant à l’assaut du Nord de l’Angleterre. Eh oui : la région du Yorkshire a jadis particulièrement souffert du passage des armées du monarque, pillant et massacrant les rebelles. C’est cette sanglante répression que décrit The Harrowing Of The North. La piste alterne huit mouvements, des premiers raids contre la région – pendant lesquels Guillaume s’assure bien de ne rien laisser de vivant derrière lui, pas même les terres agricoles – au lit de mort du roi, regrettant, quelque 20 ans plus tard, la cruauté de ses actes. Les assauts soniques de Wiht, de cavalcade stoner en break doom, sont radicaux et sans merci. L’auditeur se régale patiemment de 20 minutes de riffs pachydermiques et hypnotiques jamais ennuyeux. Et le trio sait aussi se faire plus fin : quelques notes de piano dans le dernier quart introduisent un final plombé et éblouissant, tel un coucher de soleil anglais contemplé depuis le dessus d’un cairn, mouillé par une fine bruine.

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Orderic Vitalis, la seconde piste de The Harrowing Of The North, confirme bien ce qu’on pense de Wiht depuis une petite vingtaine de minutes : c’est de la balle. La montée tout en douceur opérée dans le premier tiers de la chanson n’a rien à envier à Godspeed You Black Emperor ! et le riff qui y fait suite tronçonne, impérial, l’héritage de la scène NOLA comme on enterre son maître dans l’arrière-cour du dojo. L’atmosphère est aérée et les coups de batte de base-ball assénés par la batterie et la force des riffs sont souvent atténués par des envolées soniques très bienvenues. Orderic Vitalis, du nom d’un chroniqueur de l’époque de Guillaume le Conquérant, disparaît dans un final riche et épique où le martèlement de la section rythmique affronte les regards de haut des guitares réverbérées. Planant et plombé.

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Devouter Records (label de Megachurch, chroniqué dans nos pages) réédite ce chef-d’oeuvre en y ajoutant l’ultime chanson jamais enregistrée par les doomsters de Wiht. The Harrowing Of The North est ressorti le 4 février agrémenté de la piste End Of The Reign, une chanson plus-stoner-tu-meurs-d’une-overdose-de-ganja. Progression épique pour un final qui dispute la lourdeur au doom et la béatitude au post-rock. Gosh.

Un coup de coeur que n’entache que l’annonce récente de Wiht de se séparer. Pour le travail accompli en l’espace de trois ans de carrière, messieurs, je vous tire mon chapeau.

Theo.

10/10

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