Castle – Blacklands – 2012

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Candle Metal pour thrashos.

Dispo chez Prosthetic Records depuis le 11 septembre 2012.

Ca a failli être un peu trop lourd pour qu’on y croie. Un peu trop heavy. Appeler son groupe Castle, lorsqu’on joue du heavy metal mâtiné de doom, c’est un peu comme l’intituler Satan quand on jour du Black Metal ou Hatebreed quand on joue du Hardcore : ça fait con. Il fallait en avoir le coeur net et plonger au fond de la substantifique moelle de la dernière oeuvre des Saints-Franciscains. On a écouté Blacklands, quoi. Et plutôt deux fois qu’une.

Si je vous dis Heavy metal + Doom metal, tout de suite, là. Vous pensez à qui ? Vous pensez à Black Sabbath. C’est sûr. Certain, même. Un groupe de plus qui surfe sur la vague « Smoke-Weed-Praise-Satan » ? Eh bien non. Pas cette fois. C’est raté. Blacklands est bien loin devant la pléthore de suiveurs qui peinturlurent leurs pochettes de simagrées seventies et jouent un metal gavé de notes bleues pour s’attirer les sousous du moindre doomster en manque de sensations fortes. Et puis d’abord, apprenez que Castle, pour commencer, a fait produire son album par Billy Anderson (Cathedral, Sleep, Eyehategod, Neurosis…). Tranquillou pour un deuxième disque. On savait, ensuite, qu’avant de se jeter dans notre boîte mail comme la peste sur ce pauvre monde, ce second LP de Castle avait été nommé Album Of The Year dans l’édition norvégienne de Metal Hammer et orné du titre Newcomer Of The Year par les gars du Roadburn Festival pour son premier album In Witch Order et orné du titre . Aha. On peut commencer une carrière musicale plus mal que ça.

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De quoi donner envie de se jeter sur la chose pour vérifier si tout ce qui se dit est vrai. Et premier constat : le trio de San Francisco revendique bien ses atmosphères éminemment heavy à l’ancienne. Les sonorités développées sont typiques des ambiances des groupes de metöl des années soixante-dix, et ce dès Ever After, la dansante première chanson de la galette. Cette première piste, Dave Mustaine (loué soit-il) ne l’aurait pas reniée (« San Francisco s’embrume… », hein Maxime ?). Peut-on parler de réflexe pavlovien ? Difficile à dire. toujours est-il qu’on assiste quand même à un genre de crossover entre un heavy metal de la deuxième vague – pré-Reign In Blood – et un son bien plus connoté vintage, proto-metal comme on le lit parfois, proche de Blue Cheer, de Pentagram et de tous ces hippies qui ont troqué les fleurs pour des croix renversées. Car, toujours, la note bleue hante les messes noires de Castle. Toujours cette quinte diminuée qui hérissait les poils des musiciens classiques et que les Noirs américains ont introduit dans leur musique. Etonnez-vous, après.

Bon alors la note bleue, c’est un bon début mais ça ne fait pas tout. Il y a aussi un tapis de double pédale, hein. Faut pas déconner (Corpse Candles). Côté mélodie, on oscille entre Heavy Metöl pur et dur (deux guitares aux harmonies médiévalisantes répondent à l’envoûtante voix d’Elizabeth Blackwell, la bassiste/chanteuse de la formation) et rock’n’roll plus festif. Ça contrebalance le côté épique et mystérieux et ça fait swinguer. Blacklands s’écoute donc aussi en rangeant ses vinyles de Motörhead, quoi.

Plus heavy que doom…

… en fait. Bon, Dying Fetus est très loin, c’est certain. Mais Blacklands a, sous de nombreux aspects, plus en commun avec le heavy metal des familles qu’avec ce doom qui excite tout le monde depuis 4 ou 5 ans. Ainsi que Christian Mistress, que notre cher Arnaud avait chroniqué dans nos pages, Castle emprunte sûrement plus à Iron Maiden que les hipsters qui se sont trouvé une passion pour le doom depuis ces trois dernières années ne veulent bien le dire. Mais pas n’importe quel Iron Maiden non plus. Une Vierge de Fer mystique et tortueuse, comme sur la piste Blacklands. Place même au thrash metal dans les tortillements macabres de Curses Of The Priests, introduite par une séquence absolument épique qui débouche sur ces riffs et arpèges que Mille Petrozza de Kreator aurait du breveter. Décidément. Duels de guitares, voix vénère du guitariste Mat Davis, pont instrumental lourd et épique, reprise du thème avec les vocaux enlevés d’Elizabeth Blackwell… Puis c’est le final, probablement le point d’orgue de la Malédiction de ces prêtres… Et le climax de cet album du même coup.

Un tel climax, d’ailleurs, que je vous le recommande assez chaudement, ce disque. Même s’il ne répond plus d’aucune actualité. Blacklands est sorti chez Prostethic Records le 11 septembre 2012. Soit il y a longtemps. Si on s’en branle ? Parfaitement. On s’en branle. Chez HML, on est comme ça. On chronique du vintage.

7,5/10

Theo.

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