Hell Militia – Jacob’s Ladder – nov. 2012

PromoImage

Metal Noir de France.

Dispo chez Underground ActivistsSOM

Pour les quelques rares qui ne connaissent pas encore, Hell Militia est une formation parisienne, intégralement composée de membres issus de groupes Français (Mütilation, Arkhon Infaustus, Antaeus, Vorkreist, Temple of Baal, le dernier ferme la porte). Inutile donc de préciser qu’Hell Militia a fait jaser dans les webzines, forums, chroniques… et puis tout ce qui est en rapport avec le Black français, en somme.

Un album bien intrigant

Caractérisé par un son d’enregistrement assez passable rappelant plus un live record, un logo avec des cartouchières et des croix renversées, des photos promo pleines de corpsepaints/animaux morts/et j’en passe, les deux précédents albums n’avaient pas réellement retenu mon attention malgré les moult encouragements de mes confrères aimant le Noir Metal français. Un seul titre m’avait jusque-là touché, et il ne s’agissait malheureusement que d’une cover de GG Allin (Shoot Knife Strangle Beat & Crucify) magnifiquement reprise.

En 2012, les miliciens de l’enfer sortent leur troisième opus. Après de nouveaux encouragements encore plus insistants des mêmes confrères précédemment cités, je me procure cette nouveauté.

Tout d’abord une surprise, et de taille, l’artwork n’est pas complètement naze. Au contraire. La pochette est blanche et une peinture orne la jaquette. Le logo trop ivol a été remplacé par une écriture sobre, et tout aussi sobrement est inscrit : Third Mass : Jacob’s Ladder.

Ça n’a pas l’air comme ça, mais comparé à Last Station on the Road to Death ou Canonisation of the Foul Spirit et l’artwork qui va avec, on ne peut qu’être interloqué par ce revirement de politique graphique. Le groupe parisien se serait-il laissé prendre par un courant hipster black metal ? La troisième messe marquera-t-elle un tournant par rapport aux deux premières ?

C’est principalement la représentation de la peinture qui m’a intrigué. Une peinture en couleur presque impressionniste dans le style, représentant un champ, un ciel morne, un oiseau, une échelle, et visiblement des hommes tout de blanc vêtus. La signification m’échappe encore, mais je ne peux qu’apprécier ce visuel.

Pour ceux qui l’ignorent, Jacob’s Ladder est également le titre d’un film fantastique (fantastique le genre, pas le film…) d’Adrian Lyne, narrant l’histoire de Jacob Singer, un ancien soldat du Viêt-Nam sujet à des hallucinations terribles où il perçoit des morts, des visages déformés, et bien d’autres horreurs. Un film connu pour être le plus gros échec du réalisateur, au passage.

Mais derrière cette référence se cache l’histoire d’un homme qui progressivement sombre dans la folie pure et dure. Et c’est justement cette folie qu’Hell Militia nous transmet dans son premier titre intitulé… Jacob’s Ladder justement.

Beaux gosses.

Beaux gosses.

Pas de claque musicale

En effet, Hell Militia a effectué un tournant, non pas dans sa composition, mais bien dans la qualité de l’opus. Le son est bon, bien maîtrisé et les instruments sont chacun mis en valeur. Tout est audible et c’est un plaisir pour les oreilles. La composition des morceaux reste relativement la même que dans le passé, mais dès la première écoute, les riffs malsain, la voix psalmodiée et incantatoire de Meyn’ach (Mütilation) font mouche. Les gars d’Hell Militia ont de l’expérience et savent visiblement composer des morceaux qui transmettent une ambiance sale et haineuse, sans tomber dans tous les pièges du black ambiant (morceau à rallonge, répétition incessante, riffs ennuyeux… je ne vais pas vous faire un dessin).

Cependant les morceaux ne sont pas égaux. Si Jacob’s Ladder, Jonah et Death Worship me transportent réellement, je m’ennuie sur The Black Projector et The Second Coming of The Pig. Elles ont d’ailleurs une structure identique, avec toujours une partie de silence ou acoustique au beau milieu pour laisser place à des samples inaudibles et saturés d’un intérêt relativement limité. L’album aurait effectivement pu se réduire à six titres.

Si les deux morceaux précédents ne sont pas d’un intérêt folichon, les deux derniers sont une réelle claque. Deus Irae (Dieu de Colère) et Jericho sont d’après moi les meilleurs de l’album. Brutal, lourd et méchant.

J’aime d’ailleurs le choix qui a été fait dans les noms des titres (à défaut d’avoir les paroles sous la main) de mettre en relief ce Dieu de colère et destructeur de l’Ancien Testament avec les titres Jonah et Jéricho (peut-être même Jacob) avec le Black Metal.

Petite mention spéciale au détournement de Jean Sablon de la fin du disque qui m’a beaucoup fait rire.

J’espère qu’un Jacob’s Ladder sera pour les Hell Militia plus bénéfique pour leur carrière qu’à M. Lyne. En bref, un album d’un intérêt certain.

8/10

Aharon.

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