Bongripper – Live At Roadburn – 2012

La typo de Casper le gentil fantôme pour la bande-son de l'Apocalypse.

La typo de Casper le gentil fantôme pour la bande-son de l’Apocalypse.

« Die you hippy scum, die hippy scum
Peace won’t save you from this gun »
 

C’étaient les brillants lyrics qu’on pouvait entendre dans la seule piste chantée composée par Bongripper. Déjà, avec des noms d’albums comme Hippie Killer, Hate Ashbury, Sex Tape / Snuff Film ou encore Heroin (vendu avec tout le matos, s’il vous plaît), on avait une petite idée du bordel… C’est bien simple : le doom du quatuor de Chicago, Illinois, même sans paroles, est monstrueux. Massif et brutal, leur son est saupoudré de quelques éléments Black Metal qu’on ne renie pas lorsqu’on traîne sur ce webzine.

Après leur passage au festival cvlte Roadburn à Tilburg, Pays-Bas, Bongripper a décidé, à son tour, de sortir un Live At Roadburn, figure imposée pour nombre d’artistes invités là-bas où ils ont joué deux sets. Dans le premier, ils ont performé leur dernier album (et déjà classique) Satan Worshipping Doom. Dans le second, ils ont panaché plusieurs titres de leurs nombreux albums. Dans les deux, le même talent pour faire remuer une nuque au ralenti, en faisant la grimace. Intensément.

Crado.

Oui, crado. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire le son des guitares de Bongripper dans ce Live At Roadburn. Je vous jure, j’ai cherché. Alors crado, c’est quoi ? Crado, c’est d’une saleté sans nom. Qui sent la mort. Qui noircit tout ce qui y touche. Qui favorise l’éclosion d’oeufs insectoïdes répugnants. Qui dégouline de trucs adipeux qu’on ne trouve même pas dans l’arrière-cuisine du kebab le plus insalubre de tout Paris. Crado, c’est l’image qui colle le mieux au fuzz infâme des riffs lentissimes du quatuor.

Crado, lorsqu’on parle de doom, c’est du grand art.

Sans pitié, le groupe entame donc l’interprétation complète de son oeuvre Satan Worshipping Doom, son incroyable LP de 2010 (chroniqué dans nos pages 2.0 par Arnaud). Et le public, en a pour son argent. Worship est une introduction tout ce qu’il y a de plus classe au son doom titanesque de Bongripper. Et quand la fin de Satan retentit, c’est près de trois minutes de larsens vrombissants qui terrorisent l’assistance après l’avoir traumatisé avec l’un des riffs de cacadian metal les plus noirs jamais écrits.

Bongripper

Derviche tourneur obèse

Par contre, soyons clairs : le groupe de Chicago ne fait pas dans la subtilité. Non pas. Sur le papier, la musique est un mélanges de connexions synaptiques entre RamessesSleepEyehategod et Electric Wizard un jour où ils auraient trop écouté Xasthur avant de répéter. Mais avouez qu’il y a des références moins enviables. Majestueux, impérial… Rien à dire, le quartet en impose comme rarement un groupe de doom en impose en live enregistré.

Ça riffe lourd et très longtemps, un peu comme un derviche tourneur obèse dont la transe aurait été filmée au ralenti. Après, je vous l’accorde, il faut aimer. Il faut aimer se faire rouler dessus pendant 2h de temps par les décharges de guitare les plus grasses et les plus belliqueuses qui soit.

No fun. Not ever.

On dira tout de même que les quelques inspirations que nous laisse gentiment prendre Bongripper (mais c’est bien parce que c’est vous, hein) sont salvatrices. Salvatrices parce qu’elles permettent de respirer parmi la débauche d’amertume qu’on pourrait écoper en pressant le son de ces quatre méchants garçons-là. Salvatrices, aussi, parce qu’entre deux patterns hypnotiques et gavés de fuzz, la pause est parfois nécessaire – 2h de Bongripper, bordel. Et de s’y inscrire à jamais. Ou du moins pour la journée. La monstrueuse ouverture du second live, Sex Tape, est une chanson de cette race-là, à vous planter son riff entre les deux oreilles et à le laisser germer là pour une petite semaine. Bongripper a la main verte.

En résumé, Live At Roadburn bute. Au sens propre. Ce disque dégage un poids de haine insoutenable pour vos frêles épaules humaines. Il ne soignera pas votre dépression, ni votre schizophrénie et ne vous empêchera plus de mutiler l’esclave que vous séquestrez nu dans la cabane derrière la grange. Gardez à l’esprit que ce n’est pas un disque conseillé pour le jogging ou l’anniversaire de votre petit-neveu. Il est par contre beaucoup plus approprié à une prise de drogue dure dans un squatt, une orgie sataniste avec des animaux ou un snuff-movie expérimental.

Qui sont des activités bien plus divertissantes que le jogging.

8,5/10

Theo.

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