Asidefromaday – Chasing Shadows – 2012

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Postcore the french way.

Dispo chez Division Records.

Vous l’avez lu partout, Asidefromaday a réussi son troisième disque. Troisième album du quintet postcore de Besançon, Chasing Shadows semble déclencher un grand « bravo ! » consensuel chez mes confrères. Pas chez moi. Alors je fouille un peu dans les méandres abyssales de mon courrier… Et je retrouve le promo. Mmm. A mon tour.

Chasing Shadows est le fruit de deux années de travail d’Asidefromaday, un groupe qui a aujourd’hui 12 années d’expérience à son actif. Autant commencer par les bonnes nouvelles : Chasing Shadows ressemble, sans nul doute, à un bon disque de postcore. au bout de plusieurs écoutes, c’est même indéniable. Il en a, en tout cas, tous les codes. Ici, la musique d’Asidefromaday suinte la colère et le désespoir. L’impuissance et la rage. Le groupe le revendique, d’ailleurs, dans une interview vidéo : le disque est « plus noir, plus tranché qu’avant, quoi ». Effectivement, le disque est sombre. Brutal, aussi. Pas à dire, la voix de Fred emmène parfaitement l’auditeur sur ces sentiers de la perdition que se targue de nous tracer le disque des Franc-comtois. La production, riche, laisse à l’auditeur le soin de comprendre lui-même les subtilités des arrangements orchestrés par les vétérans du postmetal à la française. Après, tout est une affaire de danse incessante entre les guitares et la batterie, alternant passages plombés et attaques plus syncopées, le tout dans un rythme plutôt mid-tempo sur la majorité du disque.

Or, Chasing Shadows n’offre rien de plus que cela.

Le postcore tel que vous l’entendrez sur ce disque ne réinvente rien des sorties postcore des ces six dernières années. Ce dernier effort d’Asidefromaday rappelle les premières offrandes de Cult Of Luna, la dernière d’Unfold et lorgne parfois sérieusement du côté de Dirge. Au lointain, on entend parfois les regrettés Time To Burn et, toujours, les pères Neurosis veillent dans les passages les plus rampants du Hardcore du quintet de Besançon (notamment dans le final, l’éponyme Chasing Shadows). Des références flatteuses, oui. Mais on ne peut pas produire des années durant le même schéma, aussi bien référencé soit-il. C’est triste à écrire, mais Chasing Shadows sonne comme un album daté.

Autre problème : le Postcore d’Aside est puissant, mais bien trop mélodique. Notamment à cause de l’omniprésence de ce synthé analogique. On l’entend dès le début de la première piste Process Of Static Movement. L’instrument compose souvent la plage lead de la chanson (Endless Prophecy) et relègue malheureusement les guitares au second rang. Par ailleurs, certains passages à la dureté mélancolique et ravagée pourraient sonner comme des perles de tristesse. Vraiment. Pourtant, ils s’encombrent de l’instrument, alourdissant de tout ce qu’il sait le propos, faisant parfois d’un bon refrain une phrase musicale maladroite. Bon, soyons indulgents : Seb, responsable des claviers, vient d’arriver dans le groupe et on sent que le groupe se cherche encore une tenue avec ce nouvel outil. Enfin pour l’instant, les gars, c’est encore un peu l’indigestion.

ASIDEFROMADAY

Alors non, on ne décolle jamais vraiment dans Chasing Shadows qui a pourtant les ingrédients pour mettre une énorme claque à la scène postcore. D’ailleurs, on ressent  que l’équilibre entre les bourrineries titanesques et les envolées atmosphériques est finement travaillé. La chanson Wolf’s Tears are Falling Stars, probablement le cœur de l’album, en est la meilleure preuve. Malgré de bonnes chansons, bien balancées, bien arrangées, la fragile alchimie n’opère pas. Sans dire que l’on s’ennuie (ce qui serait faux), on peut en tout cas affirmer rester un peu sur sa faim. Heureusement, Chasing Shadows, la dernière piste et chanson éponyme, vient me contredire et offre un magnifique écrin pour recueillir tout le talent que les cinq garçons dans l’doom avaient oublié d’infuser dans l’intégralité de leur album. Le final est épique, propre, monte jusqu’au dernier instant avec la même rigueur jusqu’à l’explosion et rappelle (sans trop lui coller à la peau) le final de Stones From The Sky de l’album A Sun That Never Sets de Neurosis.

Alors il n’y a pas photo. Aside a sorti un bon album. Mais il lui manque encore quelque chose pour me faire frissonner du haut du crâne jusqu’aux petits poils rigolos qui se dresent sur mes gros orteils. Face au dernier album de ses compères de label Dirge ou Unfold, le cas Asidefromaday arrive encore loin derrière. Tout juste fait-il figure de bel outsider face à eux dont on attend la suite, toutefois, avec grande impatience.

6/10

Theo.

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