The Socks : « On n’est pas metal : nous, on joue du rock ».

The Socks est un groupe lyonnais de stoner/psyché/heavy rock. On sait pas trop ce que c’est, leur son. Mais en fait, on s’en fout. L’important c’est qu’après seulement deux EPs, ils jouent déjà une musique aussi personnelle et racée. Les copains, prenez garde. Ces gars-là sont des pros.

The Socks @ bandcamp.

Quand les Socks se sont-ils formés ?

– Fin 2009. L’un de nos membres a changé depuis : Vincent (basse) n’est pas notre bassiste originel. Aujourd’hui (ndlr : 8 septembre), c’était son premier concert avec The Socks. Avant il s’occupait différemment du groupe : il nous trouvait des dates de concert.

Aux origines, vous jouiez déjà du stoner rock ?

– Pas tout à fait : à la base c’était pas vraiment stoner. Plutôt classic rock.

Blue Cheer, Deep Purple, tout ça ?

– Ouais, et même les Doors, les Who, tout ça.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans une programmation metal telle que celle du Sylak ?

– On en parlait avec les autres groupes, justement, ainsi qu’avec les orgas. Vu que c’est très metal, notre set était un peu une parenthèse dans la journée. Ça change, quoi. On a un timbre de chant et des compositions pas du tout dans la même veine que la plupart des autres artistes. Nous, on est vraiment influencés par ce la musique des années 60 et 70.

Si on considère que la musique c’est cyclique, est-ce que le stoner ce serait pas un peu le retour de la musique de ces décennies-là ?

– On est assez d’accord, oui. Ce qu’on appelle stoner, finalement, c’est une scène fourre-tout. On se démarque probablement du stoner « pur » à la Kyuss avec nos arrangements, le clavier… Effectivement, quand tu vois tous les groupes qui rentrent dans cette catégorie, tu te dis que c’est large.

Est-ce qu’aujourd’hui vous sentez ce revival stoner initié depuis le début des années 2000 ? Je pense aux re-releases de Jerusalem de Sleep (Dopesmoker, pardon…), à une nouvelle cote de popularité de ces groupes là, aussi. Pour être honnête, ça me paraît bêtement de plus en plus hype. Qu’en pensez-vous ?

– On est un peu tombés dedans comme tout le monde. Peut-être au bon moment, aussi. On s’est mis à écouter beaucoup de groupes des années 90 et on a découvert qu’il y en avait autant qui tournaient encore et que ça touchait énormément de public. Ouais, c’est vrai qu’aujourd’hui, on peut parler de mode.

– Ce qui est bien avec la scène stoner, c’est que c’est une scène auto-suffisante. Y’a assez de groupes pour la jouer, assez de public public pour l’écouter, assez de scènes pour se produire. On s’épanouit dedans, pour le moment.

– Après, ça me fait marrer, quand même. Quand tu vois que certains groupes ont sorti leur album y’a plus de 10 ans aujourd’hui… Tiens, on était à la Villette pour voir Sleep – ben du coup ça fait même 15 ans – et ils doivent clairement halluciner de voir autant de monde devant eux. Ils doivent penser « mais ils arrivent trop tard ! »

Donc ouais. Je lisais encore New Noise tout à l’heure : quand je vous parlais de revival, c’est pas innocent. C’est hype. Hipster, même ! Alors comment vous vivez d’être là au bon endroit au bon moment, avec The Socks ?

– Non, mais on se dit pas, quand on compose « faut qu’on joue ça parce que ça marche ».

– On travaille pas forcément comme un groupe de stoner, en fait. On est tombés dans cette scène, aujourd’hui on en fait partie. Notre but premier n’est pas de faire LE stoner pur et dur.

– On a joué devant Karma To Burn et Red Fang et … au final on fait pas du tout la même chose.

– Mais le public est assez réceptif. Peut-être même assez éduqué.

Bon, c’est pas pour minimiser votre talent, hein. Mais vous ne pensez pas qu’il y a – paradoxalement avec l’effet de mode – un vide de ce genre de groupes en France ? Y’a-t-il des groupes frenchies dont la musique vous parle vraiment ?

– Je pense à Mars Red Sky. Mais faut bien avouer que… ben la première fois que j’ai écouté, j’imaginais pas qu’ils puissent être Français.

– Y’a une demande. Le public est content d’aller voir ça. Un peu de la même manière : il y a un public qui demande à acheter des disques, si possible du vinyle… C’est un public assez fidèle et connaisseur.

Vous avez sorti deux EPs. Soyons honnête, j’ai pas écouté le premier. Y’a-t-il vraiment eu une évolution dans votre jeu ?

– Sur scène, on mise tout sur le Bedrock EP, le dernier. Ou quasiment. Au-delà, on a deux nouveaux morceaux, un nouveau bassiste aussi, on a modifié l’ordre des chansons du set… On évolue un peu en ce moment. De plus, on est en train de composer notre premier album pour une sortie d’ici un an.

– On voulait pas se lancer dans un gros projet comme un album sans savoir dans quelle direction on allait. Les deux EPs ont permis de se balader un peu et de se trouver. Aujourd’hui, la direction est de plus en plus définie.

– Le tout premier, Side A, y’a encore des titres qu’on aime bien dessus…

On reviendra sur votre album. Mais avant, pourquoi cette piste acoustique à la fin du deuxième EP alors que tout le reste du disque est si électrique ?

– C’est une chanson qu’on avait déjà composée dès la naissance des Socks. Et à une époque, ça marchait beaucoup sur scène. On aime bien aussi ce genre de musique. C’est aussi pour montrer ça. Faut aussi la voir comme une sorte de titre bonus… Et puis les gens la demandaient !

Revenons sur Side A, votre premier EP. Vous avez joué des chansons présentes dessus aujourd’hui ?

– On en a joué une, oui. Mais ce disque, c’était du non-maîtrisé : le premier disque qu’on enregistrait ensemble. Le deuxième est un peu plus réfléchi.

– On a eu plus de recul sur le son. Avec le premier, on a passé des heures avec les ingés avant les séances en leur expliquant ce qu’on voulait. On a passé du temps à écouter de la musique avec eux et tenter de comprendre pourquoi ça sonnait comme ça… Et ça a fini qu’on a enregistré le premier EP deux fois.

Hein ?

– On a enregistré la première fois à l’Hacienda, à Tarare. C’est là d’où on vient, d’ailleurs. (ndlr : c’est ). On voulait avoir un son vraiment crado, old-school total. Alors on a demandé aux ingés sons de l’Hacienda – qui nous suivent un peu partout et nous rendent bien service – d’emmener une partie du studio dans une petite maison pour faire une prise live dans une seule pièce.

– Après le master, on s’est rendus compte que le son ne nous allait pas. Faut le dire : le son était vraiment trop dégueulasse. Y’a des mecs qui adoraient ça ! Qui nous disaient « Le son est génial, sortez-le comme ça ! » Mais là c’était plus qu’une question de crade. C’était désagréable à écouter.

– Alors on a tout recommencé.

– Comme on a eu du recul sur l’EP, on appelé l’ingé son pour lui dire qu’on allait tout réenregistrer. Ça lui a fait bizarre, hein. (ndlr : j’imagine assez, oui…) Alors on a encore passé du temps avec eux pour qu’à notre arrivée on sache bien mieux ce qu’on chrche. Une fois arrivés en studio, on savait exactement ce qu’on voulait. Là, c’est allé bien plus vite. Puis on a été tellement plus satisfaits…

En parlant de son qui vous plaît, on va maintenant évoquer vos influences. Qu’est-ce qui vous inspire ?

– On est très inspirés de tout ce qui est années 60/70. Comme on l’a dit, on est pas vraiment metal. On n’a pas non plus un seul groupe de référence. Après, on peut plutôt parler d’une scène, avec Black Sabbath, Deep Purple, Pentagram… etc.

– Mais on est pas metal : nous, on joue du rock.

Alors qu’est ce qui vous a donné envie de jouer de la musique ?

– Moi, ce sont mes parents qui m’ont forcé quand j’étais petit.

– Quand t’avais une coupe au bol.

– Voilà. Et je voulais pas. Je me suis mis à la gratte et avec Jess on a formé un premier groupe.

– Quand je suis arrivé ils étaient déjà montés basse/guitare. Il restait une place à la batterie, alors j’ai acheté une batterie. J’avais envie de jouer.

– C’était il y a longtemps, maintenant.

Vous êtes vraiment pas ce genre de mecs qui ont une unique influence tutélaire et qui ne veulent jouer que ça, hein ?

– Non non non. On écoute vraiment une tonne de choses. Au-delà du rock, même.

Vous pensez pas que les métalleux, malheureusement, subissent une certaine fermeture d’esprit inhérente au public metal ?

– Peut-être, mais à ce propos, la venue de Corbier au Sylak (sic) est paradoxale… C’est fun, c’est fait exprès et au final, ça fait plaisir à tout le monde.

– Moi, je suis pas vraiment d’accord avec toi. On a été super bien accueilli par les métalleux. D’ailleurs, quand on a joué à la Marquise, les gars de la sécurité nous ont expliqué que les concerts metal, c’est là où il y avait le moins d’embrouilles. Jamais de bagarres.

Tu es en train de me faire relativiser sur le public metal que je thrashe depuis tout à l’heure… (rires)

– A ce que nous ont dit ces gars de la sécurité, selon eux, c’est aux concerts de reggae qu’il y a le plus de bastons… Surprenant. Les métalleux sont peut-être cool de nature.

Ou alors ils savent pas se battre (rires).

Bon. Plus sérieusement. C’est quoi la suite pour vous ?

– La suite, c’est de tourner. On envisage d’enregistrer notre premier album plus tard, mais on part sur la route avant. On repart en tournée en décembre pour quelques dates avec Truckfighters et Black Rainbows. On aimerait aussi booker un peu fin mars et début avril. Entretemps, l’idée c’est de composer. Composer, composer, composer… Pour enregistrer cet été.

Vous êtes toujours dans le même trip que celui de votre EP précédent ?

– Sur l’EP, ça s’arrête pas. Ca envoie des titres en permanence. Sans pause. Là on veut travailler pour faire quelque chose de complet, où on peut prendre le temps de respirer. Là, on sera au-delà de l’EP pour proposer quelque chose de vraiment homogène. Bon, ce sera pas non plus un concept-album, hein ! Mais juste un disque avec un vrai fond…

– Au final, notre disque risque d’être plus old-school. Il y aura presque un peu plus de … euh … ben de blues. Cream, Jimi Hendrix… Un peu plus ce genre-là. Ca fait aussi – bien entendu – partie des choses qu’on aime. Ouaip. Notre disque, ça sera du blues violent.

Propos recueillis par Theo au Sylak Open Air entre une soirée mousse, un show tout mou de Corbier, des bières pas chères et des piqûres de guêpes mega vénères. Merci aux Socks pour ce bon moment.

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