Zen, co-orga du Rock Altitude Festival : « une optique de démocratiser les différents styles musicaux »

Zen, orga tranquille et batteur cool.

Plus que d’interviewer Napalm Death ou Agnostic Front, ce qui m’intéressait au Rock Altitude Festival, c’était d’interviewer l’un des brillants organisateurs de cet évènement. Zen, co-orga du RAF et batteur des Kehlvin, s’est collé la corvée.

Peux-tu me présenter rapidement le Rock Altitude Festival ?

L’association RA (ndlr : Rock Altitude), qui compte environ une quinzaine de personnes, organise le festival depuis maintenant 7 ans. On essaye de se démarquer avec une programmation un peu plus pointue que celle de l’ensemble des festivals de l’été. C’est aussi pour ça que depuis le début, on dédie une soirée, traditionnellement celle du vendredi, à la musique metal. Ce format existe peu, voire pas dans la période des festivals d’été en Suisse.

Pourquoi placer la journée metal le vendredi, soit entre les deux journées du festival à programmation rock ?

Parce que le vendredi, c’est le jour du metal.

C‘est vrai que la programmation est pointue, pour le moins. L’an passé vous aviez par exemple Wovenhand et Meshuggah… Qu’est-ce que cela représente ?

Ca répond à l’objectif de notre festival. On reste dans des styles pointus mais qui nous plaisent à nous-mêmes avant tout. En ce qui nous concerne, nous les programmateurs, on vient tous du monde du metal. Après sortent des choses comme Wovenhand – un gros coup de coeur – qui montrent que l’on n’écoute pas que du metal. On essaye ensuite de mêler ce genre d’artistes autour d’une programmation un peu plus accessible, notamment pour la soirée du samedi où on essaye d’inviter les gens à découvrir de nouvelles choses. C’est vraiment une invitation ! Pour nous, ça fait d’une pierre, deux coups : déjà on se fait plaisir et ensuite, on permet au public de découvrir des artistes qu’ils n’ont pas forcément vus dans d’autres festivals suisses.

David Eugene Edwards de Wovenhand

Est-ce que l’idée de base était aussi de permettre à plusieurs groupes suisses de s’intégrer dans une programmation avec des têtes d’affiche si reconnues ?

On cherche toujours à proposer une grande variété de choix. On ne veut pas du tout se cantonner dans un seul style puisqu’on pense qu’il en faut pour tout le monde. On se voit vraiment comme un festival au sens premier du terme : c’est à dire l’offre d’une multitude de concerts pour tous les goûts. Après, on a effectivement une grande part de la programmation réservée à la scène suisses : plus de 50%. Ca, ça ne bougera pas. L’idée est que si on veut promouvoir la scène suisse, autant s’ouvrir à la scène internationale. Ca permet aussi de confronter les groupes entre eux. La scène suisse a besoin de se faire connaître et c’est le moyen qu’on a trouvé.

Donc c’est un peu par le biais de grosses têtes d’affiche que vous montrez l’écurie locale…

C’est ça, on séduit le public avec des groupes étrangers et on en profite pour lui faire découvrir la scène suisse.

Bon. Je sais qu’en Suisse, vous ne faites pas tellement de distinction : pour vous, tout ça, c’est du Hard. Pourtant, vu les groupes présents ce soir (The Secret, Napalm Death, Coilguns, Take Offense…), j’ai l’impression que vous êtes plus hardcore que metal, parmi les programmateurs, non ?

Franchement, il y en a un peu pour tous les goûts, je pense. Peut-être cette année sommes-nous spécialement hardcore… C’est une année comme ça. L’an passé on a eu Meshuggah, avant il y a eu Gojira, il y a quatre ans c’était Neurosis… Bon, il y a du hardcore mais cette année on a aussi le stoner de Karma To Burn : on essaye quand même de garder un large choix. Après, c’est aussi le choix du hasard qui a donné la programmation pour cette édition.

Kehlvin.

Un groupe dont tu serais particulièrement fier cette année ? Kehlvin, sûrement ?

(catégorique : ) Kehlvin, c’est des connards. Plus sérieusement, Napalm Death, c’est à la fois un coup de coeur mais aussi un peu une habtude parce qu’on a fait trois dates avec eux cette année. On les a donc pas mal côtoyés. Et ouais, ils sont super cool.

En terme d’affluence, comment cela se passe-t-il ? Vous êtes contents des résultats ?

En terme de préventes, on était déjà pas trop mal. Après, on n’a pas un public qui a tellement l’habitude de la prévente par ici, donc c’est encore difficile de faire un pronostic à l’avance. L’an passé on tournait autour de 5000 personne sur les trois jours. Cette année, on table à peu de choses près sur la même chose. C’est un rythme de croisière qui nous convient.

Sinon, c’est comment d’être programmateur et le batteur d’un des groupes qui jouent ? Une consécration, peut-être ?

Ha ha. Non, ce serait chauvin, ou en tout cas pas très modeste. C’est même plutpot un risque puisque je m’occupe de la programmation et de la présidence de l’association RA donc j’ai beaucoup beaucoup de choses à gérer. En fait, c’est souvent un gros stress supplémentaire. Je dois donc prendre quelques minutes avant le concert pour décompresser… Et puis ça se passe bien, finalement.

En France, on est tous conscients qu’on aurait fait des pieds et des mains pour organiser un festival – notamment avec une soirée metal – dans un lieu pareil. Comment ça s’est passé pour vous ?

On a beaucoup de chance puisqu’on a des rapports extrêmement bons avec les autorités de la ville. C’est aussi pour ça qu’on l’organise ici : je pense que la région a besoin de ça. La commune l’a compris. Pour le Locle, ça donne une autre couleur, ça permet de voir la ville sous un autre angle. Après, on a d’autres conflits, mais pas vraiment au niveau des autorités. Ce sont plutôt des contraintes administratives qui nous prennent l’essentiel de notre temps pendant le boulot qu’on fait dans l’année. Chaque édition prend vraiment une année d’organisation.

Te poser des questions sur l’édition de l’an prochain, c’est prématuré ?

Non non. On est déjà en train de travailler sur deux ou trois choses… Je pense que la formule va rester assez identique : elle est éprouvée maintenant depuis 7 ans. Par contre on a sûrement d’autres points à améliorer. On va donc attaquer la programmation rapidement et ce qu’on aimerait c’est faire une programmation beaucoup plus cohérente, toujours sur trois jours, mais en essayant de fondre les styles. Pas forcément dire « là une soirée rock, là une soirée hip-hop, là une soirée metal ». On voudrait prendre ça dans l’autre sens, plus bosser la carte festival, que les gens viennent les trois jours et passent un moment agréable grâce à notre infrastructure et à tous ces styles et ces groupes différents. Dans une optique de démocratiser les différents styles musicaux.

Dernière question. Peux-tu m’indiquer une écoute récente, un coup de coeur, un artiste que vous aimeriez beaucoup faire jouer dans la prochaine édition ?

Jack White.

Plus d’infos à propos du Rock Altitude Festival sur le site de l’évènement.

Propos recueillis par Theo auprès de Zen.

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