Nachtmystium – Silencing Machine – 2012

Retour aux affaires / Black Metal from Chicago, Illinois.

Dispo le 30 juillet 2012 chez Century Media / en écoute intégrale chez Spin.

Il nous avait prévenus. Blake Judd, le guitariste-chanteur de Nachtmystium, nous avait prévenus mais nous ne voulions rien entendre, tout à notre déception des dernières sorties du groupe.

Le combo de l’Illinois avait offert sur l’autel des offrandes à Satan l’excellent Assassins : Black Meddle Part. I en 2008, confirmant le virage progressiste de leur Black Metal entamé depuis leur album de 2006, Instinct : Decay. Les hipsters (qu’on n’appelait d’ailleurs pas encore comme ça à l’époque)  commençaient à écouter du Black Metal grâce à Wolves In The Throne Room, Altar Of Plagues et cet étrange album de Nachtmystium à l’imagerie plus doom que Black Metal qu’était Assassins.

Mais, capables du pire comme du meilleur, quelle ne fut pas ma déception (et la vôtre, probablement) à l’écoute d’Addicts : Black Meddle Part. II sorti en 2010, tout embrumé de ses erratiques expérimentations sonores flirtant avec un post-punk mou du cul et des synthés parfois à la limite du putassier (No Funeral est peut-être la pire chanson de l’album).

Stupeur. Nachtmystium, soit l’un des groupes les plus géniaux de la scène Black Metal américaine n’avait-il plus grand-chose à dire ? Et ce n’est pas un poussif live au Roadburn sorti entretemps qui semblait donner tort à cette troublante question.

Cette fois-ci, Blake Judd nous avait prévenus que nous aurions droit à notre sévère fessée black métallique avec la sortie de son sicième album. La piste éponyme, dévoilée quelques mois plus tôt, annonçait déjà un album loin des dernières sorties.

Promesse tenue.

Silencing Machine, le nouvel album de Nachtmystium, donne au groupe un nouveau souffle. Pourtant, on ne peut pas s’empêcher de faire un lien évident avec les premiers disques des Américains, plus traditionnels. Ainsi, le Black Metal joué ici rappelle par instants l’excellent Demise, comme sur Decimation, Annihilation ou la faussement down-tempo – et coeur de l’album – The Lepers Of Destitution. On reprendra bien un peu d’Instinct : Decay sur la sévère attaque frontale de Dawn Over The Ruins Of Jerusalem ou le pont génial d’I Wait In Hell.

Attitude zero.

Nachtmystium ne se réinvente pas. Mais sa manière de jouer un Black Metal teigneux, rampant et léthal bouleverse la donne, là où d’autres auraient continué, ad nauseam, vers un metal , il faut bien le dire, de plus en plus chelou mais de moins en moins bandant. Ainsi, fort de ses expérimentations précédentes et d’une prise de conscience salvatrice – à mon sens -, Nachtmystium a ciselé son art pour le rendre plus efficace.

Silencing Machine n’est en rien un retour à l’époque où le groupe portait des corpsepaints et où Blake Judd officiait sous le pseudonyme d’Azentrius. Après une période sombre de changements de line-up incessants, le combo revient avec des chansons simples mais excellentes, telles que Reduced To Ashes, un exmple marquant : planquée à la huitième piste, cette chanson sombre et agressive, au blastbeat formidable, fait le lien entre l’écriture des pistes des Black Meddle et d’une haine purement issue du métal noir.

Just spikes, frost and leather,quoi.

Alors que les chansons les plus brutales de Silencing Machine feraient même headbanguer la bonne majorité des résidents d’une maison de retraite, les mid-tempi Borrowed Hope and Broken Dreams – quel putain d’arpège! – et Give Me The Grave confirment le songwriting fin et mélodique de Nachtmystium. Toujours ponctuées de ces gammes mineures reconnaissables entre toutes, les chansons plus lentes de Nachtmystium rappellent Assassins et Addicts, jusqu’à la magnifique et nostalgique These Rooms In Which We Weep – dont on regrette cependant cet irritant son de clavier sur la première partie de la chanson – et son final, comme un pied-de-nez, de masses métalliques qui s’entrechoquent entre elles sur fond de larsen de guitare.

Alors il est où le metal psychédélique ? Pour l’instant, rangé quelque part entre le bang de Blake Judd et ses albums de Pink Floyd. Il faut vous y faire pour l’instant. Ainsi qu’à cette indigente pochette peinte par un fan de Burzum de 16 ans. « A fuckin’ black metal record », avait prévenu Blake Judd. Et il avait raison. Nachtmystium rejoue du Black Metal.

Et il en rejoue du bon.

Locust Star.

8/10

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