NO – Old Man Gloom

All-star sludge act from California

Dispo chez Hydrahead depuis le 26 juin 2012.

Santos Montano de Zozobra, Caleb Scofield de Cave In, Nate Newton de Converge, Aaron Turner d’Isis et Twilight. Rien que ça. Old Man Gloom a beau être un des noms les plus supides depuis Ten Years After, sur le papier, ça fait mal quand même. En bon fan-boy de cette scènes post-anything, je me suis jeté sur NO comme Bernard Henry-Lévy sur une révolution lybienne. Comme ce grand penseur des glands modernes, je vous livre mon propre reportage du front.

J’ai passé des années à ne pas comprendre ce qu’était le sludge. Vous me parliez de postcore : okay. De doom : okay. Mais de sludge… Oui, bon. J’avais ma petite idée d’un mélange de doom et d’un son plus metal, plus hargneux. D’un postcore brut de décoffrage, dont le tempo aurait le droit de dépasser les 100 à la noire (« c’est vrai ? je peux ? »). Alors oui, le sludge, c’est un peu tout ça. Mais pas que. Il est réducteur d’essayer de définir un genre musical stricto-sensu. Et combien de discussions stériles de fins de soirées ces débats animent-ils ? Par exemple : Quel est le véritable élément déclencheur du Black Metal ? Ou encore comment savoir qui est trve et qui ne l’est pas dans la scène K-pop ? Reste-t-il des bières au frigo ? Tant de questions sans réponses…

« Mais-qui-que-c’est-que-le-sludge-bordel ? » est une question à laquelle je souhaiterai pouvoir répondre aujourd’hui au moi d’avant. Je ne m’échinerai pas à écrire de longs discours empreints d’orgueil et de condescendance – dont sont admirablement remplis la grande majorité de mes papiers pour Hear Me Lucifer. Non. Je tendrai simplement une clé USB avec NO d’Old Man Gloom à ce jeune metalhead boutonneux et chevelu que je fus.

Attention : NO n’est ssûrement pas un pur disque de sludge, ainsi que Kénôse de Deathspell Omega n’est pas un pur disque de Black Metal. Pourtant, ils représsentent un tournant dans ces genres si fascinants… avec un petit quelque chose en plus. La construction même de NO interroge.

La première braillante (signée Aaron Turner) n’arrive que sur la seconde piste de l’album, bien après les quelques minutes introspectives de Grand Inversion. Common Species commence comme un tonnerre sonique, un orage joué par un groupe de rock. La colère semble palpable, électrique, furieuse. Puis se dilue dans une averse chaude et réparatrice, moins fataliste que vigilante. Ainsi se sont écoulées dix minutes de NO, bientôt suivies par le reste du contenu de huit années de hiatus pour OMG, alors que Christmas scellait une dalle qu’on ne pensait jamais avoir à ouvrir de nouveau.

OMG !

Christmas, justement, qui s’avère bien moins varié que le dernier-né du supergroupe californien. Sur NO, les pistes sont encore une fois assez signées : To Carry the Flame et la deuxième partie de Rats puent Converge à plein nez, The Forking Path et Regain/Rejoy nous la jouent Cave In sous stéroïdes. Quant à Shadowed Hands et autre Shuddering Death, elles nous rappellent la présence active d’Aaron « bad trip » Turner dans la machine Old Man Gloom.

Etrange, cependant, comme ces pistes se marient mieux qu’on pourrait l’imaginer. Alternant les émotions, les ressentis et les sons, le groupe n’est pas avare d’expérimentations soniques entre deux coups de batte de base-ball droit à l’estomac. La fin de To Carry The Flame est sans doute le passage le plus catchy de l’album. On entend presque Kylesa période Static Tensions alors que Caleb Scofield semble hurler aux cieux qu’il provoque les dieux en duel. Et que dire de Shadowed Hands ? Drones inquiétants et tortueux, arpèges serpentins, puis cathédrale lumineuse de voix et cymbales éclatantes.

Les passages les plus metal de l’album, comme The Forking Path ou Regain/Rejoy sont finalement incorporés avec bien plus d’osmose que sur les précédents albums. Finalement, c’est plus l’harmonie d’un album que la qualité intrinsèque des compositions qu’OMG a réussi. Alors oui ! Les chansons sont bonnes. Mais qu’attendiez-vous de la part d’un disque avec tant d’excellents musiciens à son bord et dont le leitmotiv a toujours été de s’amuser ? Qu’attendiez-vous du son d’un disque mixé par Kurt Ballou ? Oui : le son de NO tue. La basse de Caleb Scofield sonne comme une des armes les plus léthales que j’aie entendues vibrer de concert avec deux guitares et une batterie.

NO – une fois n’est pas coutume – s’écoute d’un bout à l’autre. Point. Car l’abrasivité de Common Species est tout à fait à sa place. La rythmique industrielle puis l’agonie douloureuse du final de The Forking Path sont tout à fait à leur place. L’énigmatique Shuddering Earth est tout à fait à sa place. Colère, misère, furie, mystère, mort, inqiétudes, regrets, vie. Thom Yorke le dirait mieux que moi : Dans NO, le dernier album d’Old Man Gloom, everything is in its right place.

8,5/10

Locust Star

 

NO en écoute intégrale par ici.

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