Horseback – Half Blood – 08/05/2012

Visuel de gue-din avec une vache, des blés, un serpent, des plumes, des étoiles et une épée. Baroness n’a qu’à bien se tenir.

 

Krautrock/Metal

Dispo chez Relapse Records.

 

Un jour de l’année 2010, j’ai découvert Horseback. Le groupe sortait The Invisible Mountain chez Relapse et au visuel, ça sentait bon le groupe pas comme les autres. J’ai du flair, pour ça. Après l’avoir écouté une bonne cinquantaine de fois, j’ai fini par décider que c’était un excellent album et qu’il fallait absolument suivre le groupe de Jenks Miller à la trace. Aujourd’hui, après un split sympatoche avec Pyramids, voici le nouveau full-length du groupe : Half Blood.

Si c’est votre première écoute de Horseback, accrochez-vous. Evitez d’ailleurs de mélanger ça avec du Valium, de la codéine ou toute autre forme de drogue, légale ou non. Half Blood est un putain d’album à nul autre pareil. Du drone pour métalleux, du metal pour hippies, du psyché pour black-métalleux et du black metal pour hipsters… Half Blood c’est tout ça et l’inverse aussi. Oui, la mode est à l’anti-étiquetage. Ben désolé, pour le coup, mode ou non, je défie quiconque de caler Horseback dans une case bien rangée entre toutes les autres.

Jenks Miller, compositeur principal, puise son inspiration dans de nombreux genres musicaux, mais aussi dans les mythologies, la sémantique, l’americana en général et « the South » en particulier. Les titres de ces chansons, assez parlants, révèlent en tout cas que ce que j’ai trouvé dans cette interview semble vrai. En tout cas, après plusieurs écoutes, on ressent effectivement un profond désir d’écrire de la musique touchant à la spiritualité, la nature, la mort et la vie.

Je vous l’avais dit, le bad trip est possible. No drugs, donc.

Mithras commence l’album à la manière d’Invokation en 2010. Le son englobe l’auditeur à la manière d’un drone psyché. Les guitares, la basse et la batterie jouent tout en nuances et se laissent guider par cet orgue habité. Cette musique sonne terriblement plus humaine que de nombreux groupes aujourd’hui. Mais c’est la voix de Miller qui frappe le plus. Traitée à la manière de celle de Wrest de Leviathan (distorsion baveuse/paroles indéchiffrables), elle apporte cette touche worship-Satan très charmante à Horseback.

Half Blood est ce genre d’albums terriblement prenants où l’on ne sent pas les pistes passer. Mais pas parce qu’on n’écoute pas la décharge sonique qui sort de la chaîne hi-fi, non. Plutôt parce que l’on ne sait pas vraiment quand a commencé la première piste ni où va finir la dernière tant les boucles, hypnotiques, maîtrisent les sens. Tu aimes Earth ? Eh bah voilà. Pareil. La plupart des pistes peuvent être considérées comme des chansons, mais certaines n’en sont pas vraiment. Comme le drone Inheritance (The Changeling) agrémente la face A d’un succulent interlude qui préfigure la face B…

Et cette face B s’appelle Hallucigenia, un tryptique de trois pistes encore plus barrées que celles de la face A, trippées au plus haut point dans un délire post-hippie que ne renieraient pas les fantômes d’Aleister Crowley et de Jim Morrison s’ils se droguaient ensemble. Les nappes de guitare se superposent par-dessus les nappes synthétiques et bourdonnantes, convoquant My Bloody Valentine ou Kraftwerk. Dans Hallucigenia III, dernière piste de l’album, la pulsation, répétitive, pénètre sous l’épiderme à la manière de Fuck Buttons, balayant toutes les idées reçues qu’on pouvait avoir des sorties de chez Relapse. Bandant.

Bref. Aucun changement de tempo, très peu de breaks de batterie, des boucles souvent répétées des mesures durant… Même si elle a pris un tournant plus mature avec l’élaboration d’un album mieux construit, la musique de Horseback reste fidèle à The Invisible Mountain, l’effet de surprise en moins.

Pourtant, Half Blood convoque toujours de nombreux noms sans jamais ressembler à aucun d’entre eux : les Swans, Neurosis, Neil Young, The Doors, My Bloody Valentine, Kraftwerk et Darkthrone. Salez, poivrez, passez au four 20 minutes par kilo et sortez le plat du four : Horseback est prêt. Le seul problème de ce genre de son, c’est qu’il est extrêmement clivant : on aime ou on déteste.

Moi j’ai choisi : j’adore. Mythologique, ataviste, profondément mélancolique et d’un mystère infini, Horseback fait un bien fou à la scène metöl et m’en met une dure comme ça. En croisant des sons aussi épars, Jenks Miller rafraîchit la scène, décongestionne les clichés et nous prend la main dans le sac de notre propre intolérance à nous, fans, acteurs, amateurs, professionnels et simples chroniqueurs de musique metal. Ca c’est la version optimiste.

Si j’étais pessimiste, je dirai qu’Half Blood finit de clouer le cercueil d’une sphère metal de plus en plus anthropophage.

 

 

9/10

Locust Star

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