Carach Angren – Where The Corpses Sink Forever – 18/05/12

Tu m’engrènes ?

Black métal symphonique martial

Sortie chez Season Of  Mist

Le retour des Hollandais pour ce 3ème opus à thème va traiter, pour cette fois, de l’horreur de la guerre. La pochette nous donne déjà le ton. On peut voir le trio adossé à un poteau d’exécution, quelques fioritures sur le pourtour, mais sobre. Nous revoilà repartis dans un concept-album décrivant par épisode toute l’atrocité des guerres modernes, avec un gros travail sur le sentiment de culpabilité et la question du suicide. L’ambiance martiale est très marquée aussi bien dans les paroles que dans les riffs de guitares et la batterie martelée. Nous sommes plongés à nouveau dans le black métal orchestral sombre et malsain que sait si bien jouer le trio.

Première écoute : les riffs de guitares sont très incisifs et très propres, la qualité
d’enregistrement est très bonne et reste dans la lignée de Carach Angren. Nous avons toujours droit à ces orchestrations complètes et très sombres dont Ardek a le secret. La voix black (presque gutturale à certains moments) est très râpeuse et reconnaissable facilement parmi le « panel de voix black sur le marché ». Des chœurs résonnent de temps à autres tout le long de l’album.
La plupart des paroles sont écrites dans un anglais très recherché et sont
accompagnées tout de même de quelques phrases en allemand pour rejoindre le côté WWII. Il y en a également quelques-unes en français (spécialement dans General Nightmare)

Nous allons rentrer un peu plus dans les détails de l’histoire. Bien que, rien que la musique se suffise à elle-même et soit très plaisante à écouter, les paroles apportent énormément à la couverture musicale et nous permettent de mieux comprendre les mélodies. Les paroles sont déjà faciles à comprendre (ce qui est très plaisant vu leur importance !). Nous attaquons par une intro froide avec un texte parlé accompagné de bruitage de coup de feu (en même temps, un homme, arme à la main face à un peloton d’exécution on ne va pas s’attendre à une joyeuse polka…). Plus on s’enfonce dans l’album, et plus on y découvre des paysages glauques et sombres qui sont décrits, des paysages surnaturels peints par des mots de douleurs, des paysages remplis de boue jusqu’aux genoux. Des paysages de guerre, en somme. Le mal-être commence à monter grâce aussi bien aux mélodies sèches et travaillées que par la voix saturée et plaintive déclamant ces textes pas très joyeux joyeux.

L’album tourne autour de la réflexion des peurs des soldats aux combats. L’une
parle de la peur de tuer son prochain qui agonise (et oui, l’euthanasie pose encore et toujours des problèmes !), la volonté du suicide afin de se libérer du poids de l’horreur, la peur de voir son ami mourir au combat … D’autres sujets tout aussi grave sont abordés comme combattre la faim par l’auto-cannibalisme. Tout plein de jolis sujets qui soulèvent encore bien des questions sur la nature humaine. Le tout soutenu par de belles envolées lyriques appuyées avec forces par la guitare saturée. Les rythmes de chaque chanson sont martelés avec un tempo frôlant les 180 BPM avec de belles cassures rythmiques laissant place à nouveau aux violons et autres instruments classiques.

On appréciera les chansons Lingering in an Imprint Haunting, Bitte tötet mich et bien sûr General Nightmare, qui sortent du lots.

La première pour l’ambiance qu’elle impose et qui est développée tout au long de l’album (le côté glauque, le désespoir des soldats). Cette chanson est l’essence même de l’album, la pierre angulaire qui donne aussi bien le ton des riffs de guitares incisifs, que toute la symphonie orchestrale majestueuse et les paroles « pleines d’émotions qui touchent » (* petite pensée à une artiste fort connue du paysage audiovisuel français du samedi soir : Jenifer).

La seconde pour ses effets théâtraux et ses variantes vocales. La voix black très
profonde nous raconte l’histoire de cet homme pressé de mourir, les chœurs presque religieux qui appellent à l’aide et les phrasés allemands nous ramènent bien évidemment aux fameuses guerres mondiales.

Pour General Nightmare, c’est bien sûr les paroles en français qui attirent
l’attention, soyons francs, le français n’est pas fait pour le métal mais quelques
pointes peuvent relever le niveau d’une chanson (voire d’un album).

Pour résumer la situation : cet opus vient du plus profond des pires champs de
guerre investis par les mines aussi bien par les textes que par la musique. Nous
avons encore plus envie de voir cette œuvre musicale torturée comme des passages de films montrant les atrocités de la guerre plutôt que comme un simple CD. Les variantes de tempo nous transportent tantôt dans un monde ravagé et tantôt dans la mélancolie la plus extrême (avec une orchestration magistrale). Des titres comme The Funerary Dirge Of A Violonist ont la capacité de commencer tout en douceur avec violons et autres instruments à cordes et nous exploser à la gueule quand arrive la guitare électrique et le chant. Nous regretterons peut-être la brièveté de l’album (environ 44 minutes) car on en redemande encore !

Une vraie bombe à retardement qui nécessite de lire le mode d’emploi avant tout.

8,5/10

Jack Graved

3 réponses à “Carach Angren – Where The Corpses Sink Forever – 18/05/12

  1. chronique qui résume parfaitement tout ce que je pense de cet album , qui est une véritable perle.

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