Le Blood Brothers Fest, c’était SWAG.

Le Blood Brothers Festival, j’y étais. Diffusion de Blood, Sweat + Vinyl de Kenneth Thomas (chroniqué dans nos pages), concerts de Pneu et Scott Kelly… Bref, il fallait y être. Sans quoi, je n’aurai été qu’une sous-râclure de fan de musique mainstream. Brrrr.

Vous avez peut-être déjà lu la chronique de la soirée par un confrère de Pelecanus par ici (avec des bien plus jolies photos que chez nous), la journée s’est à peu près déroulée comme l’a écrit Andrey Kalinovsky. C’est à dire que de notre point de vue aussi c’était assez parfait.

Tellement parfait, d’ailleurs, qu’entre les rugissements noise complètements jouissifs de Pneu et la session claviers post-electro (ça doit exister…) de Holy Strays, on a réussi à interviewer Kenneth Thomas, Scott Kelly et Eugene Robinson. L’interview sus-nommée, c’est par ici. Enfin pour l’heure parlons plutôt de ce splendide évènement organisé d’une main de maître par Kongfuzi.

Donc bon, on va pas tourner autour du pot trois heures : j’ai mangé une fessée comme rarement devant Pneu. Ce groupe, c’est un peu comme les caresses d’une scie sauteuse sur un tibia à nu. C’est mélodieux. Ruades noise, cavalcades de riffs, tonnerre de cymbales… Tout ça au beau milieu du public, massé traditionnellement autour du groupe. Public qui semble d’ailleurs aussi médusé que moi de la performance du duo.

On m’avait pourtant dit et répété que j’allais prendre cher en voyant Pneu live. Je ne pensais pas que ce serait à ce point-là.

La guerre.

La gueeeerre.

C’était déjà assez savoureux comme ça que les deux rigolos nous ont gratifié d’un guest assez chouette : Eugene Robinson. Petit moment d’histoire du noise ou simplement grosse poilade gratos ? On s’en branle ! C’était de la boucherie.

Deux malades qui tabasssent leurs instruments méthodiquement, Eugene Robinson qui hurle comme un possédé dans le micro… What else ?

Bref, j’ai déjà passé une demi-heure excellente.

C’est au tour de Holy Strays de jouer pour nos oreilles encore groggy. Bon, je dois dire que là, j’ai été moins convaincu. Le gars de Holy Strays a joué trois bons quarts d’heure d’une electro plus ou moins inspirée.

Louis de Funès n’en croyait pas ses yeux.

Les mixs n’étaient pourtant pas de mauvais goût et quelques sons chatouillaient les oreilles là où il fallait. Ca m’a fait penser parfois à Justin Broadrick, parfois à Zero Absolu, et parfois à sortir fumer une clope et boire une bière. Dommage, donc. Holy Strays a échoué à convaincre massivement le public.

La faute peut-être à mon acariâtre caractère de metalhead (ou de connard, à la rigueur). Pour la défense du jeune musicien, il faut concéder qu’après Pneu, il est difficile de maintenir autant d’énergie.

Qu’à cela ne tienne.

Père Scott s’installe déjà pour présider l’office.

Messe pour hipsters.

L’aspect dépouillé et à fleur de peau de sa musique a fait du show de Scott Kelly l’événement majeur de la soirée. Le vieux coreux a véritablement développé une maîtrise de son jeu squelettique qui rend à chaque chanson sa primeur, sa spontanéité et sa chaleur lors d’une performance live. Les copains, il s’est vraiment passé quelque chose. Le public, massé religieusement devant le guitariste de Neurosis, n’a pas boudé son plaisir d’entendre la grasse voix d’un des membres les plus éminents d’une scène que tous étaient venus fêter ce soir. Je suis persuadé que certains spectateurs n’auraient pas été surpris si père Scott nous avait bénis.

Un ami musicien me dit souvent qu’une guitare acoustique, ça ne ment pas. Pas possible de se cacher derrière une douzaine d’effets différents ni un tapis de double pédale.

Alors les chansons se sont succédées, chacune recelant son lot d’émotion pure. Pas un titre de Spirit Bound Flesh n’a été joué, la set-list the focalisant plus sur The Wake et sur le fameux disque de reprises de Townes Van Zandt enregistré avec Wino et Steve Von Till.

Cette fois, je suis fixé. Au-delà du symbole, au-delà du nom, Scott Kelly a su prouver à tous ses spectateurs ce soir-là que son projet solo, ben c’est pas que pour coucher.

La dernière vibration de corde de Scott Kelly résonne encore dans mes oreilles, le soleil se couche doucement et quelques minutes plus tard, on repose enfin les pieds sur terrelus tard, il est déjà l’heure d’aller visionner Blood Sweat + Vinyl, DIY in the 21st Century.

Une présentation rapide de ce que le public va voir dans le docu, moult remerciements à tous, une invitation à poser le plus de questions possibles… Vraiment, Kenneth Thomas, le réal de BS+V est à l’aise. Et il le sera encore lorsque l’heure de répondre aux questions de l’audience arrivera, invitant Eugene Robinson à se joindre à lui.

Pour ce qui est du film, je vous fais pas un dessin. Lisez plutôt notre article à son égard. Et si vous avez la flemme, très rapidement, sachez qu’il peut parler à tout le monde, ce docu.

Soit vous êtes fan de la scène (comme moi) et vous en prenez plein les oreilles tant la compilation d’interviews, de lives, de rencontres et d’anecdotes vous fera briller en société avec vos potes fans d’ISIS.

Soit vous croyez à l’indé et au Do It Yourself (comme moi) et en leur pouvoir de créer et développer des formes d’art alternatives. Réellement alternatives. Support your local scene.

Kenneth & Yoli, on attend la suite !

Je rentre tranquillement, les oreilles gavées à ras-bord et la tête pleine de ce que j’ai pu voir, entendre ou rencontrer ce soir. Un type monte dans ma rame de métro et se met à jouer J’ai Encore Rêvé d’Elle et du Santana sur sa guitare électrique et sa boîte à rythmes pérave. Il me restait encore 8 stations avant mon arrêt.

Merde. Je crois que c’est la loi de l’équilibre.

Locust Star.

2 réponses à “Le Blood Brothers Fest, c’était SWAG.

  1. Pingback: Live report BLOOD BROTHERS FEST. (Scott Kelly, Eugene Robinson, Pneu, Holy Strays...) : MERCI A TOUS !! | BLOG! KONGFUZI·

  2. what else locus. tu fait chier j’aurais aimé y etre a lire tes saleté. support your local noise bordel.

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