Meshuggah – Koloss

L'habit ne fait pas le moine (heureusement)

Meshug’metal

Dispo chez Nuclear Blast

Après l’économiseur d’écran de Nothing, l’œil du Seigneur des Anneaux pour I, ou encore l’horrible bonze éviscérateur mais pudique de Obzen, Meshuggah a décidé comme à son habitude d’illustrer un album de manière odieuse. Nonobstant ainsi les règles de la bienséance visuelle, les suédois continuent leur petit bonhomme de chemin en empilant un énième succès incontestable.

Ce qui est éblouissant avec ces mecs là, c’est cette faculté qu’ils ont à se réinventer à chaque nouvel opus. Jamais ils n’ont proposé deux fois le même album, préférant innover en permanence pour arriver à cette sédimentation incroyable de leur œuvre. Il y a 17 ans, Destroy Erase Improve te cassait le cou avec ses Future Breed Machine et Soul Burn. Il y a 10 ans, Nothing te retournait la tête en t’empechant de battre la mesure du pied plus de 3 secondes. Aujourd’hui, Koloss t’hypnotise et te secoue en même temps, comme un vilain mélange d’Obzen, son prédécesseur, de DEI et de Catch 33.

D’entrée, on reconnait la patte des suédois, avec ces riffs typiques, presque joués en picking, cette rythmique déconstruite, ces solis autistes et cette production implacable. Bref, au premier abord, du 100% Meshuggah, mais qui laisse aussi filtrer l’évolution du groupe. On voit se développer des titres aux structures plus complexes, mélangeant les ambiances et les influences des albums passés, en convoquant tour à tour la complexité et l’hypnose des années 2000, la vitesse d’Obzen ou la froideur malsaine des premiers méfaits du groupe. Même les titres les plus rentre dedans au premier abord se muent en une longue succession de riffs hypnotiques, comme sur les énormes The Demon’s Name is Surveillance, The Hurt That Finds You First, ou encore Demiurge qui rappelle le meilleur de Catch 33. Et quand Meshuggah relâche la pression sur des chansons plus conventionnelles, renouant avec cet aspect synthétique qu’on lui avait vu sur DEI, c’est pour mieux finir à tombeaux ouverts, comme prouve Behind The Sun, véritable labyrinthe de riffs tous plus bons les uns que les autres. Bref, rien de neuf et de révolutionnaire, Meshuggah ne se met pas au ska, mais offre simplement la preuve qu’on peut évoluer sans se renier, en capitalisant sur 20 ans d’expérience. Au final, le résultat s’oriente vers une carrière sans tâches pour Meshuggah, Koloss venant s’ajouter à une liste déjà bien longue d’albums géniaux.

9/10

Arnaud

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