Christian Mistress – Possession

Retour vers le futur.


Hard Rock v2.012

Dispo chez Relapse Records

Après la NWOBHM, nous avions eu le droit il y a quatre ou cinq ans au revival Thrash, qui, à coups de guerre nucléaire, de loups enragés, de Flying V et de cheveux décolorés flottant au vent, nous avait un temps ramené à la douce époque de la Bay Area. Un pas en avant, deux pas en arrière, la mode creuse encore plus profond, et comme c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, Black Sabbath revient au gout du jour. C’est tellement gros qu’on ne peut qu’être suspicieux…

Une première oreille distraite sur ce CD ne peut soulever qu’une seule question : jusqu’où ira-t-on dans ce dépoussiérage infâme ? Ou plutôt, jusqu’où peut-on décemment s’enfoncer dans l’exhumation avant d’atteindre le ridicule ? Christian Mistress semble vouloir nous aider à trouver des réponses en alignant au premier abord toutes les raisons de ne pas revenir deux fois sur leur Possession. Leads guitars et harmonies téléphonées, power chords datés et chant plus plat que plat, on a vraiment l’impression de se farcir un groupe de heavy de seconde zone des années 80. Puis la magie opère, peut-être aidée par cette production désuète mais finalement pas dénuée de charme, et on repose une oreille dessus. Puis deux. Puis on se laisse accrocher.

Alors oui, il n’y a rien d’original dans la forme comme dans le fond et la recette est souvent la même, mais en servant du Tommy Iommi sous Viagra, Christian Mistress arrive à faire son petit effet. Tout y est : les envolées instrumentales qui rappellent les premiers Megadeth façon Peace Sells But Who’s Buying (Pentagram & Crucifix et Black To Gold), les titres catchy-down tempo made in Sabbath (la géniale Possession, qu’on rechante sous la douche), la pseudo tranquille qui finit à toute berzingue en mode n’importe-quel-projet-de-Dieu-Wino (There Is Nowhere) et des harmonies en veux-tu en voilà (Haunted Hunted, une B-side de Maiden jamais sortie ?).

Bref, on hésite entre le sentiment de se faire jambonner avec un album prémâché et l’envie de se laisser aller à apprécier sans se poser plus de questions. Au final, et malgré toute la mauvaise foi qu’on veut y mettre, on ne pourra donc que reconnaître que ça sonne bien et que Christian Mistress mérite sa petite réputation. Malgré tout, la frontière entre le gimmick rafraichissant et la copie stérile est très ténue. Avec un talent indéniable, CM arrive à retomber du bon côté, mais est-ce que ce sera le cas de tous les suiveurs surfeurs de mode qui commencent à pointer le bout de leur nez ?

Arnaud

8/10

Mistress @ bandcamp.

Une réponse à “Christian Mistress – Possession

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