Unsane – Wreck – mars 2012

Unsane : Blood, Sweat & Tears.

Noise-rock pour kaïras de Brooklyn.

Dispo chez Alternative Tentacles.

L’excellent Visqueen a été ma première claque d’Unsane. Sorti sur Ipecac, l’album de 2007 déployait un groove et une énergie hors du commun pour un feeling in-your-face souvent remisé au placard lorsqu’il s’agit de jouer du noise-rock. Cinq ans plus tard, Unsane continue à ramper depuis les ruelles infectes de Brooklyn jusque dans nos pauvres petites oreilles meurtries.

Ramper, oui. Car ce qui frappe à l’écoute d’un disque d’Unsane, c’est d’abord cette basse-fuzz toute en groove qui se détend sans complexe contre l’âpreté d’une rythmique de batterie droit dans ses Nike (NYC, man…). A l’image de Decay, la deuxième piste de Wreck, qui laisse une place jouissive à Dave Curran et sa quatre-cordes au son charnu et au jeu colérique. Mais ce n’est pas le seul instrument à en mettre plein la gueule : ici, pas besoin d’une technique hors du commun pour s’éclater à l’écoute, David Yow de The Jesus Lizard – dont l’album Goat a bien des similitudes avec la musique d’Unsane – vous le dirait bien. Par-dessus tout ça, comme si ce n’était pas déjà bien assez, Chris Spencer tisse ses parties de guitare comme un aliéné de l’asile d’Arkham compterait les araignées au plafond. Pigeon et son arpège atonal font frissonner tout autant que les leads de Ghost ou de l’abrasive Roach.

Abrasive ? Eh ouais, le noise-rock d’intello, c’est pas pour Unsane. La musique du power-trio new-yorkais plonge la tête de l’auditeur dans les caniveaux les plus crasseux de la Grosse Pomme pour te rappeller combien elle est rongée par les vers. Urban-noise-rock, alors. Gonflé aux drogues de toutes sortes (rappelons que le premier batteur du groupe est mort d’une overdose d’héroïne en 1992), Wreck assène ici et là cavalcades de toms (Metropolis, Roach ou encore Rat) et riffs de guitare torturés à qui veut bien l’entendre. L’effet de distorsion posé sur la voix scandée de Chris Spencer se mêle au sentiment douloureux que procure le son d’Unsane, sentiment encouragé par la presque-ballade ( – hein?!) Stuck, à la montée en puissance plus qu’agréable (- ah, ouf…), qui rappellerait presque les pitreries lubriques d’Oxbow. Presque.

On retrouve aussi avec plaisir l’harmonica dont Chris Spencer nous a désormais pas mal habitué sur No Chance. Puis la succulente reprise de Ha ha ha des Flippers (et son refrain si… philosophique) qui termine ce disque comme un peu c’est la classe-t’as-vu. Un de plus, le septième pour Unsane depuis l’éponyme voilà 21 ans aujourd’hui. Alors oui, ces mecs-là savent groover comme des dieux tout en sonnant aussi sec qu’un coup de batte de base-ball dans le pare-brise d’une voiture du NYPD. Bon. C’est clair, ce n’est pas l’originalité ni la subtilité qui les étouffe puisque la formule est désormais éprouvée. Mais bordel.

Who cares ?

8,5/10

Locust Star

Ici, l’album en streaming total grâce à nos confères de Metalsucks.

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