PacificUV – Weekends

La pop, ce n'est pas sale. C'est propre et lisse et synthétique et froid. Mais ce n'est pas sale.

Synth-pop d’Athens, Georgia.

Dispo chez Mazarine Records.

Taxés de géniteurs d’un « chef-d’oeuvre » (« masterpiece », oui oui) selon Rolling Stone en 2006 pour leur premier album, PacificUV sort son troisième effort, Weekends. L’occasion est trop belle d’enquêter sur un tel groupe qui nous était, jusque-là, tout à fait inconnu.

 

Damned. J’aurai du m’en douter.

Une intro onirico/électronique composée d’éléments synthétiques d’une part et de violons et violoncelles d’autre part ne fleurait rien de bon. Sale affaire en perspective.

Puis a commencé la véritable première piste : Funny Girl. En plus de se révéler être du mauvais Interpol boursouflé de pop MGMTesque, le gimmick de clavier jouant la mélodie principale évoquait des souvenirs douloureux. Oui. Tels les débuts de Depeche Mode. Le tube au calibrage radio de l’album réussissait, comme souvent, à être le plus indigeste de l’album. Mais je m’en doutais… Le flair, toujours le flair, p’tit gars.

A l’écoute de la chanson suivante, Just4kix, je commençais franchement à sentir l’ennui poindre. Que vous me conjuguerez au passé simple, bande de moules. Dans cette piste, si le synthé est roi, le chant est sa princesse. Virginale. Beurk. En tout cas, dans mon athéisme obstiné, j’espère sincèrement ne pas me tromper. J’imagine que dans un paradis ou les anges n’ont pas de sexe, le dj passe Just4kix sans arrêt. Mais revenons à notre enquête.

Le chef d’oeuvre est encore loin.

A dire vrai, à ce moment de l’enquête, je ne comprends encore pas où PacificUV cherche à nous emmener. Gosh. Puis, surprise ! Alors que je ne pensais plus que ce fût possible, c’est l’éthérée Baby Blue, une ballade pourtant hautement perchée à la Sigur Ros, qui réveille l’intérêt pour PacificUV. Le tempo, très lent, est une fois de plus très peu marqué. Mais la chanson est balayée de doux samples drone fort bienvenus. Guitares shoegaze, vagues de son : on rentre enfin dans ce disque, plus compliqué qu’il n’y paraissait il y a, euh, une minute trente. L’enchaînement des pistes se poursuit, entre douceur shoegaze-electro très peu rythmée et quelques titres assez différents, tels le radio hit Funny Girl, Ballerina avec son chant au vocoder 80’s très kraftwerkien ou encore High, qui termine sur quelques orchestrations piquées à Olafur Arnalds. Je me prends à me couler dans les mélodies, me détendre dans la bulle dream-pop un poil shoegaze de PacificUV… Une chanson sur deux. L’écoute est donc inégale, imparfaite, indigeste et souvent incohérente.

Bon. C’est peu dire que l’enquête piétine. Le temps passe et je deviens la risée de mon service. Le maire est furieux et le commissaire Gordon parle de me repasser à la circulation… Pourtant, j’en ai résolu des affaires. Mais que voulez-vous ? Un premier album taxé de « chef d’oeuvre » pour ensuite écrire Weekends… C’est un mystère. Un mystère insoluble. J’avoue mon impuissance.

Je n’ai pas réussi à retrouver le talent de PacificUV.

Mais soyons honnête deux minutes : sa variété musicale et sa richesse sonique sauvent Weekends. Entre la dream-pop de Sigur Ros, l’electro-pop de MGMT, quelques arrangements(-pop) bien sentis (Be My Only Shallow Love, Baby Blue) et des sons(-pop) un peu à l’ancienne(-pop), Weekends de PacificUV reste un album tout sauf désagréable.

On regrette cependant de ne pas pouvoir en dire plus.

 

5/10

Locust Star.

ps : Sur ce, je vais m’écouter un p’tit Converge, moi.

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