Black Cobra : « On a toujours adoré jouer en France »

C'est Rafa (à gauche) qui a bien voulu répondre à nos nombreuses questions, alors même que les Black Cobra sont en tournée européenne.

Alors qu’ils sont en tournée européenne sans même passer nous voir, nous avons tout de même cherché à avoir le sentiment de Rafa de Black Cobra sur les tournées, Invernal, ce qu’il écoute et son parcours musical avant BC.

Salut Rafa. Félicitations pour votre tournée. Cette fois encore, vous jouez sur de nombreuses dates aux Etats-Unis, en Europe, vous faites le Roadburn Festival… 29 concerts, si j’ai bien compté. Vous avez l’air d’aimer ça, non ?

Tourner, c’est génial. On en est toujours au début de notre cycle d’albums, on fait ce qu’on a toujours fait à chaque sortie. Pour cette tournée-là, on est très contents de partager la scène avec Corrosion of Conformity et Fu Manchu.

On raconte que vous êtes un excellent groupe de scène. Malheureusement, je n’ai jamais pu vérifier et cette fois, je ne pourrai pas non plus. Bah non : vous ne passez pas en France lors de cette tournée européenne. Pourquoi ?

Je ne sais pas pourquoi on ne tourne pas en France. Ca doit dépendre essentiellement de l’organisation du trajet et/ou des disponibilités des lieux de concert. En tout cas, on a fait le Hellfest il y a deux ans et c’était vraiment super. On a toujours adoré jouer en France.

Southern Lord a sorti Invernal, votre petit nouveau, il y a quelques mois à peine. Enregistré par Kurt « je-suis-partout » Ballou. Pouvez-vous expliquer l’engouement autour du travail du guitariste de Converge ?

C’était génial de travailler avec Kurt. Il nous a aidé à capturer un son énorme en nous poussant toujours davantage et en exigeant le meilleur de nous-mêmes. Il a aussi une approche extrêmement méticuleuse avec chaque chose : il a une ouïe bionique. Ce type peut détecter la plus infime imperfection dans un enregistrement et la réparer sans aucun problème. Sérieux. Ce mec est un animal.

Je ne pense pas que vous soyez un groupe qui se prend trop la tête avec les paroles. Pourtant, Invernal est construit sur un seul thème principal… Jason lisait ce livre d’Ernest Shackleton : Endurance. Ce livre parle d’une expédition en Antarctique… Rafa, peux-tu développer pour nos petits lecteurs chéris ?

Nous avons fait beaucoup de recherches à propos de l’Antarctique. Principalement sur les treks d’Ernest Shackleton. Ca a été une expérience si brutale pour son équipe et lui… Ce qui nous a fascinés c’est leur gestion de la survie de survie mêlé à la volonté de documenter cette difficile épreuve sous des conditions extrêmes. Tout cela au nom de la science et de l’humanité… Les paroles sont conceptuelles et quelque peu de l’ordre de la fiction : il n’y a évidemment pas eu de guerre nucléaire en Antarctique. Ca, c’est notre petite touche personnelle. (ndlr : j’imagine que si j’avais eu Rafa face à moi, j’aurai pu ajouter « rires »).
C’est marrant que vous vous soyiez inspirés du foid. Pour moi, votre son est abrasif, le sludge que vous jouer exprime plutôt la chaleur… Ou alors vous souhaitez plutôt parler du frois comme d’un élément naturel contre lequel l’être humain doit lutter ?

C’est vrai, tu touches là un point intéressant. En ce qui concerne le style de la musique et les émotions que celui-ci peut susciter, l’énergie et la force sont en général ressentis comme de la chaleur. Mais pour revenir sur notre propre musique, nous ne cherchons effectivement pas à refroidir notre public.

La musique, justement. Black Cobra est un duo sludge puissant, extrêmement électrique et parfois assez brutal. Allez, étonnez-moi. Quelles sont vos influences ? Qu’est-ce qui t’a bien plus récemment ?

On aime vraiment toutes sortes de choses. Les classiques sont toujours là : Black Sabbath, Deep Purple, Rush, Hendrix, Iron Maiden, Judas Priest, Thin Lizzy… Mais on a aussi toujours suivi Harvey Milk, The Jesus Lizard, The Melvins, les trucs plus lents de ce goût-là. Après, j’aime beaucoup le jazz : Eric Dolphy, Buddy Rich, Duke Ellington. J’adore le jazz fusion des seventies comme les enregistrements de Tony Williams. Pour moi, Lenny Breau et Chet Atkins sont les deux meilleurs guitaristes du monde ! Tous les albums de Return to Forever sont super. Plus récemment, le nouvel album de Saviours est bien classe. Après j’ai juste terminé les biographies d’Ace Frehley, Tony Iommi et Glenn Hughes. Qui que ce soit qui aime le rock’n’roll doit jeter un oeil sur ces bouquins.

Jouer dans un groupe de 3, 4, 5 membres est difficile à gérer. Putain. Black Cobra n’est qu’un duo ! Tout doit être plus simple, non ?

N’être que deux dans un groupe, ça a ces avantages et ces inconvénients. Les décisions sont prises plus rapidement pour la plupart. Mais nous nous chargeons chacun d’une plus grande part de travail que dans une formation traditionnelle pour compenser le manque de membres supplémentaires…

Souvent présentés comme ex-membres des groupes doom-sludge kvlt -16-, Cavity et Acid King, je n’ai pourtant pas l’impression que vous soyez restés dedans très longtemps… Racontez-nous votre parcours.

Jason et moi nous sommes rencontrés en 1996 grâce à Sonya Preston, une amie commune. C’est une musicienne et une parolière de génie. Elle a travaillé récemment avec Norah Jones. On jouait tous les trois dans le même groupe à cette époque. Finalement, on a fini par vivre chacun sur une côté opposée des Etats-Unis. Jason a joué et tourné avec Cavity pendant deux ans, il a enregistré On the Lam avec eux. Pendant ce temps, je tournais en tant que bassiste avec -16- pendant à peu près un an. Après ça j’ai fait une tournée mondiale en jouant encore de la basse dans Acid King. D’ailleurs, je joue toujours de la basse avec eux de termps en temps. En fait on a même fait une tournée européenne en 2007 avec Black Cobra et Acid King. C’était génial.

Bon, c’est okay pour moi. Quelque chose à ajouter ? Des excuses aux fans Français pour les éviter lors de cette tournée européenne, j’imagine ?

Nous serons de retour en France, c’est certain. On veut vraiment remercier les fans français pour leur soutien sans faille. Vous êtes les meilleurs.

Propos recueillis par Locust Star auprès de Rafa.

Wanna speak ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s