Black Sheep Wall – No Matter Where It Ends – sortie le 23/03/2012

 

Ka-mé-ha-mé-haaa !!


Caterpillar metal / sludge-qui-fait-pas-rire.

Dispo chez Season Of Mist.

Sorti en 2008, le premier album de Black Sheep Wall, I Am God Songs, était une belle alternative au massacre sauvage de votre famille au fusil de chasse. Mais en finesse. Chromé, le fusil de chasse. A dire vrai, ce n’était pas tout à fait la bande-son idéale pour des moshpits des plus chaloupés. Syncopés, déstructurés, et TELLEMENT LOURDS QU’ON L’ECRIT EN MAJUSCULES, les riffs faisaient plutôt penser à la douce harmonie que provoquerait un mastodonte de 300 mètres de haut blessé, furieux et d’une tristesse abyssale cherchant tant bien que mal à se frayer un chemin dans une capitale occidentale. A peu près.

 

Comment ? Si c’est terminé ? Hahaha. Qu’est-ce que tu crois ? Aujourd’hui encore, le Godzilla bionique de 300 mètres de haut continue de semer le chaos et la mort dans Tokyo. Mais avec une certaine méthode, tout de même. Même si No Matter Where It Ends commence tous larsens dehors. Une unique guitare joue le riff d’introduction alors que les autres guitares saturent l’air de leurs vibrations parasites avant d’être à leur tour relâchées, telles des limiers courant la bave aux lèvres en découdre avec leur proie. Ambiance. Agnostic Demon annonce la couleur gentiment de ce que sera la suite du disque. Low-tempo extrême, riffing doom dans ce qu’il a de plus mélancolique, le feeling hardcore de Black Sheep Wall affleure cependant toujours derrière les drones souverains des deux guitares. Car c’est lent et c’est, du coup, encore plus lourd. Cette impression est accentuée mélodiquement par le simple fait que les guitares et la basse, accordées terriblement bas, jouent souvent une seule même note pendant plusieurs mesures. C’est surtout rythmiquement que BSW écrase tous ces adversaires, même si les mélodies malsaines – et finalement assez personnelles – se découvrent une à une (Vitruvian God, Torrential…), comme des entrevues de l’horizon, noir toujours, avant la fin de cette terrible tempête qu’est No Matter Where It Ends.

 

Oui, difficile de croire que cette musique vienne de Moorpark, California. Le temps n’est pas au beau fixe. Il est lourd, écrasant et orageux. Les palmiers dansent une valse inquiétante dans le gris foncé du ciel qui va toujours s’assombrissant. Les bonnasses ingénues en roller ont déserté les esplanades jadis éclaboussées de rayons de soleil. Les seringues de junkies et les vieilles capotes redeviennent apparentes entre les châteaux de sable. Le vent, douceâtre et entêtant, apporte une odeur malsaine. Une odeur de choses mortes… Voilà à peu près l’image. Pas tout à fait prétendant au tube de l’été, quoi. A la manière d’un sludge dans tout ce qu’il a de plus étouffant, le son est d’une obscurité totale. La batterie martèle à la manière d’un bulldozer BTP (Personal Prophet), la lourde basse rampe et arrondit les angles en rajoutant (encore) une octave de moins aux infra-guitares. BSW évoque un mutant hybride sous THC gavé de stéroïdes s’échinant à jouer un mélange entre Gaza, Neurosis et Unearthly Trance (Black Church et Flesh Tomb, la renversante piste finale de plus de douze minutes). Et ce mutant a une voix : celle de Trae Malone. A dire vrai, mon petit lecteur chéri, il est difficile d’établir une comparaison avec un autre chanteur d’une telle puissance vocale. Véritable bête mythologique blessée et décidée à emporter quelques pauvres mortels dans l’abysse, le vocaliste (si ça s’appelle bien comme ça) semble posséder une bonne paire de poumons de plus que la moyenne des êtres humains catégorie standard. Et balaye un sacré nombre de chanteurs de HxC-jusqu’à-la-mort. Tout paraît plus lourd, tout paraît plus dramatique, tout paraît plus violent lorsque Trae le susurre de sa douce voix au micro. « EVERYTHING IS LEAKING OUT NOW, FROM THE HOLES IN YOUR FACE. EVERYTHING IS LEAKING OUT NOW, FROM THE HOLES IN YOUR FAITH. » (Liminality). Trve.

 

A ce stade, les quelques interludes noisy qui parsèment l’album de saturations bruitistes relèvent de la bouffée d’air frais après une apnée forcée d’une minute trente dans une baignoire par deux malabars russo-roumains qui vous maintiendraient la tête sous l’eau. Bonheur. Finalement, le constat est là : on regrette à peine les changements de tempo plus nombreux de l’album précédent et l’effet de surprise est passé. Certes. Mais on goûte avec délice l’hyper-violence maîtrisée de cet énorme disque, plus mature, plus fort, plus dur, plus lent qu’I Am God Songs. Et cet album, qui passera l’épreuve des années, se goûte avec plus de jouissance à chaque écoute. Oui, un petit peu comme le vin. Tiens, d’ailleurs, ça me donne une idée…

 

« Lourd et mélancolique, ce cru fort en bouche éveillera vos papilles d’une manière jusque-là quasi-inédite. En apéritif, pendant le repas et même en digestif, No Matter Where It Ends accompagnera à merveille votre prochaine catastrophe climatique tel un tsunami japonais festif ou un tremblement de terre turc plus classique. A déguster à température ambiante ».

 

Locust Star

8,5/10

Petit avant-goût de l’orage avec Ambient Ambitions en streaming ici.

Premier album et ils faisaient déjà pas rigoler les mecs. Souvenirs.

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