Listener’s Digest : CELESTE

1 EP + 3 albums for fans of harsh music

Celeste, c’est peut être ce qui se fait de mieux dans le genre teigneux et vilain dans l’hexagone. La prime à la puissance, à la lourdeur et à la violence sourde et malsaine de quatre enragés lyonnais. Ajoutez à ca des artworks glauques, un fil rouge de noms d’albums et titres de chansons pas plus gai et des prestations scéniques qui ne privilégient pas la relation humaine et vous arrivez à une bonne réputation de durs à cuire. Hardcore-tronçonneuse-dans-ta-tête ou black-métal d’ailleurs, peu importe, on reste scotché.

Ma première envolée céleste remonte à 2007, entre Pessimiste(s) et Nihiliste(s) (pour ce qui est de l’optimisme des noms, ca ne s’améliorera pas avec le temps), lors d’un concert Genevois. Voila les quatre gringos qui demandent à ce qu’on éteigne la lumière, allument leurs frontales rouge et entament un set court, intense et radical : trois qualificatifs qui résument bien le groupe en live. Depuis cette claque (et ce ne sera ni la dernière, ni la pire), je n’ai jamais loupé une sortie de Celeste, et si j’ai pu être relativement déçu à certains moments, jamais il ne m’a été possible de remettre en question leur intégrité musicale. La grande classe.

Pessimiste(s) (2006) : 8/10

Pas véritablement le premier album du groupe, mais un EP 5 titres. On sent déjà poindre derrière une production peu avantageuse ce qui fera la marque de fabrique des lyonnais. Un espèce de black metal lent et autiste, à la violence hardcore (certains membres sont issus des feu-Mihai Edrisch) et aux mélodies sombres et torturées. Vivement la suite.

Nihiliste(s) (2007) : 9/10

Premier coup de maître pour Céleste. S’il existait un genre semblable, il est révolutionné. Tout est à 300% : les riffs te fusillent, t’écrasent et n’en finissent pas de s’enchainer, les breaks sont imparables, les accords dissonants sont légions et tout coule vers l’irrémédiable nihilisme que vomit le chant à ta face. Tout dérange ici, ce qui est lent est plus lent qu’ailleurs, ce qui est lourd est horriblement lourd, ce qui est sombre devient intolérablement oppressant. Le contenu est mis en relief par cette noirceur ambiante qui enrobe l’album (enfin une à laquelle on croit). S’il fallait n’en sauver que quelques unes, on garderait les infâmes On pendra les femmes et les enfants en premier, Abandonner tout espoir à 20 ans, Pour maintenir encore une fois la distance (quel break !), A jamais dénudée » ou encore la pièce finale  Comme s’il suffisait de lever le doigt pour refaire.

Misanthrope(s) (2009) : 8.5/10

Deuxième album pour Céleste, et l’effet de surprise étant passé, on se retrouve un peu le bec dans l’eau. Très peu de choses ont changé, mais on ne retrouve pas les quelques brûlots de Nihiliste(s) sur lesquels on pouvait cracher notre bile. On a toujours ce mélange de lenteur, de tension et de bruitisme, agrémentés maintenant de quelques relâchements qui permettent à l’album de respirer, mais ce n’est pas la révolution d’il y a deux ans. Mais attention, si 1% des groupes actuels pouvaient sortir quelque chose qui arrivait à la cheville de cet album, le monde irait déjà mieux. Et pour la route, on retiendra  Comme pour leurrer les regards et cette odeur de cadavre,  Toucher ce vide béant attise ma fascination ou encore Mais quel plaisir de voir cette tête d’enfant rougir et suer .

Morte Née(s) (2010) : 11/10

Le retour, et quel retour. Une véritable trempe, qui vient finir ce que Nihiliste(s) et Misanthrope(s) avaient entamé. Ça pue la haine, les riffs sont assassins, le chant bileux, et quand Céleste ne te rentre pas dedans comme un sagouin, c’est pour mieux faire le tour et te prendre au niveau des genoux. Résultat, des attaques frontales comme Ces belles de rêves aux yeux embués  ou  Il y a bien des porcs que ça ferait bander de t’étouffer, et des Ovnis comme (S)  ou De sorte que plus jamais un instant ne soit magique, qui prouvent que le groupe peut arriver au même résultat dérangeant à l’aide de down-tempos abjects et de samples pas plus joyeux.

Et comme les mecs de Celeste ne méritent pas encore assez notre respect, les voilà qui proposent leurs albums en mp3 gratuitement sur le lien suivant : http://denovali.com/celeste/. Pour la suite des événements, c’est Roadburn et Hellfest. Je ne connais pas les mecs de Celeste et n’ai donc pas connaissance de leurs ambitions. Cherchent-ils à être reconnus pour leur art ou cela leur est-il indifférent ? Je ne sais pas, mais je trouve que ces deux dates sont pour eux la plus belle reconnaissance de leur travail d’activistes du bruit. Que le son soit bon ou pas, le chaos produit débouchera plus d’une paire d’oreilles.

Arnaud P.

2 réponses à “Listener’s Digest : CELESTE

  1. Excellent🙂
    Cela dit…quelque point :

    Morte Née(s) c’est de mars 2010 (et pas 2011)
    et enfin, doonc 2011 il y a eu une ré-édition de Pessimiste(s)

Wanna speak ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s