Drudkh – Eternal Turn Of The Wheel

Au choix : une vague, un vieux barbu ou Ctulhu avec une canne.

 

Black Metal from Ukraine
Dispo chez Season Of Mist

Réellement portés au jour des médias metal français il y a sept ans avec le traditionnel The Swan Road, le groupe de Roman Saenko (Hate Forest) et Thurios (Astrofaes) nous en fait voir de toutes les couleurs. Mais surtout en sépia.

Drudkh toujours au top.
Oui, la musique fait voyager. Pour preuve. Depuis ses premiers méfaits en 2003, la musique de Drudkh ne s’emploie à faire que ça. Et où, s’il vous plaît ? En Ukraine. Oui. Bon. On va pas se mentir. Pour la plupart des gens, l’Ukraine, c’est juste la Russie en plus petit. Vous serez bien aise de l’apprendre, l’Ukraine des musiciens de Drudkh (« bois » en sanskrit), c’est bien plus que ça. C’est une mémoire. Celle de ces poètes ukrainiens dont Thurios scande les plaintes – en ukrainien, évidemment. Celle des saisons passées, présentes et à venir. Celle du joug de l’empire russe et de l’URSS sur le pays 340 années durant. Celle de la nature ukrainienne, de l’identité ukrainienne, du féminisme ukrainien, de la cuisine ukrainienne… Du moins sont-ce là, je suppose, quelques images évoquées à l’écoute de Drudkh.

Encore une fois, le Black de Drudkh est misanthrope, revanchard, cinématographique. Breath Of Cold Black Soil, première véritable piste d’Eternal Turn Of The Wheel, nous propulse d’ores et déjà dans cet envol au-dessus du ciel ukrainien. Emotion. Quelques riffs tourbillonnent, s’étendent, se prolongent, se mélangent, s’agglomèrent. Hypnotique. Des accords en quintes juste succèdent aux accords en quintes augmentées, la basse entraîne vers le bas et soutient les montées, provoque les breaks et cadre les guitares. Le blast-beat, lui, donne l’équilibre, nous rappelant incessamment à la Terre, malgré tout. Et quand il se tait pour laisser place à une batterie plus ronde, le sec martèlement rythmique se fait mélodie parmi les autres mélodies. Quasi-aérienne à son tour.

En fait, quoi d’étonnant à ce que Drudkh – ainsi que la quasi totalité de la scène Black Metal ukrainienne – se définisse à peu près exclusivement par son paganisme jusqu’au-boutiste? Le chant de Thurios s’y prête à la perfection. Le râle est sincère, spontané, douloureux. Il serre si bien le coeur à chaque nouveau souffle qu’on se félicite de ne pas comprendre un mot d’ukrainien. Pourtant, tendez l’oreille : il semble annoncer, péremptoire et formidable, que tout ce qui appartient à la Terre retournera, inexorablement, à la Terre. Ataviste en diable.

Mais soyons objectifs un instant. Si l’album est excellent d’un bout à l’autre, il aurait pu l’être plus encore. La faute à ces trop nombreuses notes de synthétiseur cheap, parfois à la limite du suicide sonique. Les nappes se vautrent sur le mix et étouffent ces montées de riffs pourtant si brillantes. Ouaip. « Massacre au clavier Bontempi », dès le premier riff de When Gods Leave Their Emerald Halls, par exemple. Bon, pas de panique, il trouve cependant sa place à d’autres moments, plus en retrait, comme dans la superbe A Farewell To Automn’s Sorrowful birds.

Le teint hâlé, le regard vif et le poil soyeux, vous pourrez bientôt annoncer fièrement à vos amis et à votre famille : « Non, je ne prends plus de drogues. J’écoute Drudkh« . Et maintenant, mon petit lecteur chéri, quatre choses.

  1. Achète Eternal Turn Of The Wheel.
  1. Fourre-le dans ton lecteur.
  1. Eteins la lumière.
  1. Kiffe.

Locust Star

8,5/10

Myspace

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